Chronique de l'album de Gil Scott-Heron, Winter in America, de 1974.

Puisqu’on parle beaucoup de spoken-word ces derniers temps (FAUVE etc.), parlons de celui qui est présenté comme le père de cette façon de scander les mots : Gil Scott-Heron. Et en particulier de l’album Winter In America, sorti en 1974, et présenté comme beaucoup comme LE meilleur album de Gil. (Quoique j’aime aussi beaucoup It’s Your World sorti en 1976.)

Sort la galette de sa pochette. Place le vinyle sur la platine, le diamant. Et le premier titre se lance. (Nan, je déconne, c’est un vieux MP3 à la qualité plus que médiocre.)

Peace Go With You, Brother, est une bonne introduction au reste de l’album, une nuit sombre d’automne, seul, à fumer des clopes, à penser au Monde, à la fenêtre de son 23m2. Vous savez, ces petits appartements que l’on se paye lorsque l’on est étudiant, et après, encore.

Cet album est la version de Gill Scott-Heron du Winter is coming. À mi-chemin entre piano bar/jazz/soul. Il est absolument magnifique.

La composition du quartet y est pour beaucoup : Gil Scott-Heron à l’electric piano et au vocals, Brian Jackson donc, crédité dans le titre de l’album, à l’electric piano, à la flute, et au vocals également, Danny Bowens à la basse, et Bob Adams au traps (batterie allégée, très utilisé dans le jazz, avec juste une caisse clair et une cymbale). Tous sont des amis et collaborateurs de longue date de Gil Scott-Heron.

Ce qui est à noter, et c’est que je vous dit de cet album depuis le début, c’est que cette ambiance automnale, nostalgique, vient aussi du fait que l’album a été enregistré entre septembre et octobre.

Puis nous avons The Bottle. Une ultra-bombe funky, avec une ligne de basse hallucinante, incroyable, venue de l’espace. Presque un cheveux sur la soupe, la bonne, de cet album, tant le titre dénote avec l’ambiance générale.

Qu’une chose à faire sur ce titre, mettre The Bottle dans l’iPhone, mettre son casque en place et traverser la ville à pied. Clairement, c’est le titre fait pour que ça marche, et c’est d’ailleurs le seul single de l’album, et c’est ce titre qui le propulsa en haut des charts, ce que Scott-Heron et Jackson n’avaient pas prévu. L’album fût très rapidement sold-out.

C’est toute la force de ce titre, des paroles fortes, parlant d’alcoolisme, de drogue, et de toutes les addictions en générales que les frères et sœurs de Scott-Heron subissent dans la rue, et d’être pourtant une bombe jouée sur les dancefloors à vous faire danser toute la nuit. La musique pop n’a pas nécessairement besoin d’être de la merde.

Et ce sera là ma dernière question, bien que cette musique fasse terriblement écho en moi, puis-je, n’en serait-ce qu’effleurer toute la profondeur ?
19h47
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le 17 juin 2013

Modifiée

le 19 juin 2013

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