Orchestre National De Jazz – With Carla – (2026)
Sylvaine Hélary est la première femme a dirigé l’Orchestre National de Jazz (ONJ), rien de surprenant donc à ce qu’elle se tourne vers la personnalité féminine la plus importante de l’univers du jazz, pour ce qui est des moyennes et grandes formations, la géniale Carla Bley, qui possède une œuvre remarquable.
Sylvaine Hélary est flûtiste et compositrice, elle s’est faite connaître à travers le « Surnatural Orchestra », pas si éloigné de l’univers de Carla Bley, ainsi qu’au sein du « Eve Risser White Desert Orchestra » pour un album de deux mille seize.
L’œuvre de Carla est immense, des premiers « hits » enregistrés pour son premier mari Paul Bley, cinq compos géniales et vite écrites sur « Footloose » de soixante-neuf par exemple, jusqu’aux compos de la grande maturité, l’album « Life Goes On », son dernier, en deux mille vingt qui illustre mieux que tout sa verve créatrice.
Ce sont donc huit compos de Carla qui sont interprétées sur ce double Cd, quatre autres sont signées par un membre de l’ONJ, Rémi Sciuto qui joue des saxs alto et baryton, de la clarinette et de la scie musicale, qui a donc écrit trois pièces, en hommage à Carla, je suppose… Ils sont dix-huit musiciens au total, formant des sections de toutes sortes, la moitié sont des musiciennes ce qui va bien.
Dans un tel contexte l’ONJ se retrouve confronté à l’œuvre de Carla, et forcément, les pièces peuvent être soumises à comparaison. Du côté de l’ONJ on trouvera une certaine « pachydermie » dans l’expression, massive et puissante, parfois engoncée dans la magnificence des cordes, de l’autre on aura l’originale, ce qui n’a pas de prix, et une certaine agilité renforcée d’audace et de prise de risque.
Il est souhaitable de connaître l’œuvre de Carla, ce qui permet de mieux appréhender cet album, sans doute, mais le béotien s’y retrouvera également. Certaines œuvres jouées ici ne sont pas parmi les plus connues, ni même les plus représentatives, ce qui est plutôt bien, même si on goûtera à « Musique Mécanique », « Útviklingssang », « In India », « Wrong Key Donkey » ou « End Of Vienna » …
L’enregistrement a été capté live au Théâtre de Cornouailles à Quimper, ainsi que, pour une petite part, à l’Opéra de Dijon.