Avec cet album, Bryan, que je ne connaissais pas, mais qui cartonne aux U.S, propose une musique séduisante, easy listening et raconteuse d'histoire. Sa musique, vraiment emblématique du pays (sans doute particulièrement, la population blanche) fleure bon la ruralité et la working class américaine.
Démarrer l'écoute de cet album, c'est se mettre dans des chaussons auculaires. On rentre directement dans la musique, et même si on n'est pas bilingue anglais, on comprend bien que le bonhomme nous raconte des bonnes histoires dans un rocking chair au coin du feu, après une dure journée de labeur. Les arrangements sont minimalistes. Une guitare électro acoustique et une voix nue, quelques violons parfois, quelques cuivres à d'autres moments, quelques choeurs tout au fond, peu voire pas de rythmique sur certains titres. La formule fonctionne, indéniablement.
On pourrait craindre d'avoir affaire à un de ces rednecks racontant cette bonne vieille Amérique blanche éternelle (lol), mais que nenni. L'engagement n'est pas marqué, ni conservateur, ni libéral. On sent bien dans ce qu'il nous raconte qu'il nous raconte quand même un certain libertarisme, l'individu avant tout, les contraintes étatiques, le moins possible. Mais les valeurs progressistes ne sont pas en rade. Le tout quand même en sourdine, ce n'est pas son propos majeur.
C'est donc plaisant, ça n'engage à rien, ça se laisse écouter non sans déplaisir. Mais on finit par frôler la monotonie. L'album tient 1h18, et c'est un peu long, car au final, l'histoire racontée semble toujours la même. Mais on n'est pas heurté, le temps file devant ces vertes prairies, cette rivière qui coule au milieu, ces forêts de séquoia et ces maisons en bois.