Yucca
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Yucca

Album de Milk Maid (2011)

Loin d'être une plante verte !

Malgré son nom peu avenant, Yucca, cet album n'a rien d'une plante verte qu'on laisse dans un coin lumineux en l'arrosant de temps en temps pour égayer le quotidien maussade d'un petit appartement citadin et devant laquelle on passe sans y faire attention. Martin Cohen alias Milk Maid faisait pourtant déjà partie du paysage en tant que bassiste du groupe mancunien Nine Black Alps. Il a aujourd'hui décidé de s'envoler en solo et d'enregistrer chez lui (ce qui explique sûrement le Yucca) ses chansons à l'aide d'un modeste 8 pistes et d'huile de coude. Remarqué par ses amis de Mazes sur le (tout) petit label du chanteur, Suffering Jukebox, ils l'ont présenté à FatCat qui a décidé de signer cet album.

C'est donc quasiment un album auto-produit que vous tenez dans le main, un de ces disques dénudés, râpeux et grondant comme les américains de l'inusable vague lo-fi savent si bien le faire et que les anglais, à quelques exceptions près (les susnommés Mazes mais aussi Male Bonding, Spectrals, Fair Ohs...), ignorent avec vivacité. C'est donc certainement du côté de l'Oncle Sam qu'il faut trouver les proches parents de ce Yucca, quelque part entre la côté-est désabusée et crasseuse de Woods, plus encore même du folk électrique aride de Kurt Vile (Can't You See, Same As What) et la côté-ouest d'un autre Cohen, Tim de son prénom (le sublime Girl), leader des Fresh & Onlys.

Toutefois, alors que les amis américains s'aventurent plus facilement dans le psychédélisme sous acide, limite (choux) Kraut (Woods) ou la country (Fresh & Onlys), c'est bel et bien dans un psychédélisme à l'anglaise que s'inscrit Milk Maid, irisant de courtes pop songs sixities, voire fifties (les très rock'n'roll Dead Wrong et Sad Song), d'effets kaléidoscopiques.
Si la diversité des influences témoignt des goûts variés et sûrs de l'auteur de cet album ainsi que d'un certain talent de songwriting, elle ne nuit en aucun cas à la cohérence de l'objet. Car, il y a ce son brut et sale, une boue parfois trop envahissante qui inonde le disque d'une énergie vibrante, celle de la douleur de la peaux des doigts rappées sur les cordes avec vigueur (Such Fun) ou ces nuits passées à se rincer la tronche à la gnôle (Back Of Your Knees).

En dehors d'un penchant prononcé pour la saturation, Milk Maid n'a quasiment rien gardé de son ancien groupe Nine Black Alps, et nous lui en sommes tout à fait reconnaissant. Ce Yucca, bien que parfois trop compact et gréseux, est un excellent premier album. Une preuve de plus, s'il était nécessaire de le prouver, le rock n'a pas besoin de productions mastodontes et que les enregistrements maisons ont un charme tout particulier.
Hybu
7
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le 26 févr. 2012

Critique lue 93 fois

Hybu

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