Un musicien dont j’ai rencontré la musique pour la première fois lors d’un concert qu’il donnait en compagnie de Larry Coryell, avec lequel il s’avéra être un partenaire très à la hauteur. Il se nomme Juan Carmona, de nationalité française, né à Lyon, mais dans ses veines coule le Flamenco dont il est un immense spécialiste. Je dois dire que lors de ces soirées guitares je fus émerveillé par ce musicien exceptionnel qui n’eût aucun mal à se mettre au niveau de son partenaire, tant pour la vélocité que pour l’inspiration et l’improvisation.
Du coup ayant appris la sortie de cet album dans une page de magasine, je me suis enquis de « Zyriab 6.7 » sorti en vingt-vingt et un. Un livret qui fourmille de renseignements est joint au Cd, il sera pour moi d’un grand secours pour écrire ici pas trop de bêtises.
Zyriab est un musicien-poète qui parcourut la Méditerranée entre Bagdad et Cordoue lors du IX ème siècle, parcourant 6743 kilomètres sillonnés d’escales. Il est considéré comme étant l’inventeur de la musique arabo-andalouse, son parcours étant l’occasion d’échanges et de partages musicaux avec des partenaires de rencontre. C’est également lui qui introduisit l’oud en Andalousie après lui avoir ajouté une cinquième corde.
Comme l’a fait le vénérable Zyriab à son époque, Juan Carmona multiplie ici les rencontres, Ele Pele, Youba Adjirad, Ibrahim Maalouf, Wissan Joubran, Bijan Chemirani, Naseer Shamma, Duquende et bien d’autres encore… Nous sommes conviés à ces rendez-vous musicaux qui suivent le même itinéraire que celui parcouru autrefois par Ziryab, Juan Carmona invitant à chaque étape un artiste du pays où son illustre prédécesseur s’était arrêté. Onze pauses au total, chacune étant l’occasion d’interpréter un nouveau morceau dont il est le compositeur.
Ainsi, en vrac, les musique d’Iran, d’Irak, de Syrie, du Liban, de Palestine, d’Egypte, d’Algérie, du Maroc, d’Espagne et d’ailleurs sont magnifiquement célébrées par ces musiciens emblématiques de la Méditerranée, de sa diversité et de sa bouillonnante actualité musicale.