J'aime les gens malins, ils sont capables de produire des choses incroyables.
13 Devil Street est une bande dessinée qui parvient à me combler car elle est terrible futée. Sur une double page on retrouve les pièces de cet immeuble, vues en coupe. Au fur et à mesure celles-ci se dévoilent et s'éclairent révélant de terribles secrets. Ainsi la réutilisation des cases similaires, qui aurait pu passer pour une économie de travail, devient une démarche des plus rusées. On se surprend à scruter toutes les cases qui fourmillent de détails changeants. Lors de la lecture on revient même en arrière et on se félicite d'avoir vu ce qui nous avait échappé au premier coup d’œil. Car le côté futé de cette BD se traduit par cette participation constante du lecteur. L'intégration de l'architecture dans une BD semble si évidente : les cases deviennent des pièces dont les protagonistes ne demandent qu'à sortir. Forte de tous ces atouts, l'histoire passe alors un peu au second plan. On notera tout de même les références constantes à l'histoire de Londres et la littérature, là encore plutôt malignes.
Bref, si l'histoire du 13 Devil Street semble s'être faite dépasser par son architecture, cette bande-dessinée reste un ouvrage à décortiquer puis à dévorer.