1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3 par Jicey

Je vais essayer de garder une trame identique pour a peu près toutes les "critiques" des tomes que je lirai et on passe ici au 3ème volume de cette collection dynastique, qui met en lumière l'immense travail de Carl Barks. A la lecture de ce 3ème tome, je me rends compte que je me suis lancé dans une grande épopée et je comprends un peu plus pourquoi l'auteur est considéré comme l'un des plus grands noms de la bande dessinée (Disney). Si les deux premiers volumes posaient déjà des bases très solides, celui-ci m'a paru encore un cran au-dessus. Les histoires gagnent en maturité, les personnages continuent de s'étoffer et certaines aventures sont devenues, à juste titre, de véritables classiques (oui je vous le dit tout de suite, je parle de "retour au Klondike").


Comme toujours, le recueil alterne entre longues aventures et histoires beaucoup plus courtes, bien qu'il y ai dans ce tome une grande majorité d'histoire de 10 planches. Les petits récits humoristiques fonctionnent toujours aussi bien, Donald étant passé maître dans l'art de transformer les situations les plus banales en véritables catastrophes. Les gags restent efficaces malgré les décennies et cette alternance de formats rend la lecture très fluide. On passe facilement d'une expédition au bout du monde à une simple querelle de voisinage sans jamais avoir l'impression de lire deux fois la même histoire, et même en se demandant quelle sera la prochaine.


Et comme je l'ai dit plus haut, s'il y a bien à mes yeux un récit qui domine ce troisième tome, c'est sans aucun doute "Retour au Klondike".

Cette histoire est probablement la plus importante du recueil, tant elle enrichit le personnage de l'oncle Picsou. Jusqu'à présent, on connaissait surtout le milliardaire avare, obstiné et prêt à tout pour gagner quelques dollars de plus. Ici, Carl Barks prend le temps de regarder en arrière et de raconter une partie de son passé, notamment durant la célèbre ruée vers l'or du Klondike, la base de sa fortune.

On découvre alors un Picsou bien différent de celui que l'on voit habituellement. Plus jeune, plus aventureux, parfois même plus sensible. Barks parvient à donner une véritable profondeur à un personnage qui n'était jusque-là défini que par son amour de l'argent. Cette aventure apporte énormément à son caractère et explique en partie pourquoi il est devenu le canard que l'on connaît aujourd'hui.

Il est difficile de ne pas penser à Keno Don Rosa en lisant cette histoire. On comprend immédiatement pourquoi celui-ci s'en inspirera plusieurs décennies plus tard pour construire La Jeunesse de Picsou. Les bases sont déjà là. Certes, Don Rosa développera énormément cet aspect, mais on sent que Carl Barks avait déjà semé les graines de ce qui deviendra l'un des plus grands récits de l'univers Disney.


Autre événement important de ce tome : l'apparition de Géo Trouvetou.

Carl Barks, malgré des hésitations sur la corpulence de l'inventeur entre les différentes histoires, lui offre ici une introduction réussie. Dès sa première apparition, Géo est exactement celui que l'on connaît à travers les époque : un inventeur brillant, débordant d'idées, capable de concevoir des machines aussi ingénieuses qu'improbables.

Ce qui fonctionne bien avec ce personnage, c'est qu'il ne sert pas uniquement de prétexte à créer des inventions farfelues. Il apporte une nouvelle dynamique aux histoires. Grâce à lui, Barks peut désormais imaginer toutes sortes de situations impossibles sans jamais totalement sortir de la logique de son univers. Géo ouvre finalement une nouvelle porte narrative qui sera exploitée pendant des décennies.


Concernant les personnages, sans m'attarder, on les retrouves fidèles à ce qu'on sait d'eux. Donald est vraiment toujours aussi attachant. Il reste impulsif, parfois de mauvaise foi, souvent malchanceux, mais il conserve cette humanité qui fait qu'on prend toujours plaisir à le suivre. Les neveux continuent de gagner en maturité et deviennent progressivement de véritables partenaires d'aventure plutôt que de simples enfants accompagnant leur oncle.

L'oncle Picsou, prend encore davantage d'épaisseur dans ce tome. Son caractère s'affirme, mais surtout son passé commence à devenir un véritable sujet. On sent que Carl Barks comprend de plus en plus le potentiel de son personnage, qui dépasse largement le simple rôle du vieil avare. On en apprend également un peu plus sur Gontran et l'origine de sa chance dans "Un sous pas fétiche".


Comme dans les volumes précédents, on ressent une manière de raconter propre aux années 1950. Les récits restent directs, les dialogues sont nombreux et certaines conclusions peuvent sembler rapides avec un regard moderne. Pourtant, cela fait partie du charme de ces histoires. Elles vont à l'essentiel et privilégient toujours le plaisir de lecture.


Graphiquement, le niveau reste remarquablement constant. Les dessins sont lisibles, les expressions toujours aussi réussies et les scènes d'action particulièrement faciles à suivre. Carl Barks maîtrise désormais parfaitement ses personnages et son univers. Chaque case respire la simplicité, mais aussi une incroyable efficacité narrative.


Il y a toujours ce petit point noir concernant la chronologie de la collection dans son ensemble. Je continue de trouver surprenant d'avoir commencé directement par les histoires de 1950 plutôt que par les débuts chronologiques de Carl Barks. Cela n'empêche absolument pas d'apprécier ces albums, bien au contraire, mais j'aurais aimé découvrir progressivement la naissance de cet univers plutôt que de remonter le temps au fil des volumes. Idem au sein de la même période couverte dans ce tome, les histoires ne sont pas dans l'ordre chronologique. Ainsi une histoire fait allusion à Géo Trouvetou qui est chronologiquement arrivé avant, mais l'histoire en question nous est montré après. Etrange...


Au final, ce troisième tome m'a marqué autant que les précédents. Les personnages ont leurs caractères définis et Barks peut laisser s'exprimer son génie créatif et narratif pour mêler aventure, humour et construction d'univers. On sent que Donaldville prend progressivement la forme que l'on connaît aujourd'hui, avec l'arrivée de nouveaux personnages et des récits qui commencent à bâtir une véritable mythologie.


Jicey
8
Écrit par

Créée

le 2 août 2026

Critique lue 1 fois

Jicey

Écrit par

Critique lue 1 fois

D'autres avis sur 1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

8

Amrit

le 18 nov. 2012

Suivre

Canards à l'orange

Il ne s'agit que du troisième opus de la (très longue) collection consacrée à Carl Barks et force est de constater que la qualité ne cesse de croître. Au fur et à mesure que l'auteur invente les...

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

8

guillaume-b

le 26 févr. 2013

Suivre

Critique de 1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3 par guillaume-b

Composé essentiellement d'histoires mettant en scéne Donald et ses neveux et mettant un peu de coté Picsou de coté ce tome est un peu en dessous du précédent. Il vaut pourtant le détour pour une...

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3

10

caiuspupus

le 4 févr. 2013

Suivre
Dernière modification

le 11 févr. 2013

Critique de 1952-1953 - La Dynastie Donald Duck, tome 3 par caiuspupus

Ce troisième volet de l'intégrale de Carl Barks est une fois de plus excellent, et les histoires de plus en plus fouillées au fur et à mesure que Carl Barks développe ses canards. Le grand "plus" de...

Du même critique

Les Bronzés

Les Bronzés

5

Jicey

le 12 févr. 2015

Suivre

Critique de Les Bronzés par Jicey

Le problème de ce film c'est que ce n'est pas un film. Mettons de côté l'engouement populaire depuis 1978. On se retrouve avec une parodie des clubs de vacances, mais sans réel histoire, sans fil...

Wrestlemania XXX

Wrestlemania XXX

9

Jicey

le 20 sept. 2014

Suivre

Critique de Wrestlemania XXX par Jicey

Wrestlemania est toujours un événement dans le calendrier de la WWE. Le plus gros Pay-per-view de l'année. Et cette année, c'est un chiffre rond. Le 30ème anniversaire. Il n'y a pas grand chose à...

Hybrid Theory

Hybrid Theory

9

Jicey

le 19 juin 2014

Suivre

Critique de Hybrid Theory par Jicey

Hybrid theory. Quel beau nom qui caractérise bien cet album. Si ce n'est pas le 1er album à être du genre néo/nu métal, c'est celui qui à popularisé ce genre. Le 1er album de ces jeunes gens qui se...