Dans une Angleterre uchronique, tout citoyen est surveillé et est assujetti à l’État omnipotent. Winston, un employé ordinaire, travaille à la réécriture de l’Histoire et doute sur le fonctionnement de la société dans laquelle il évolue. Un jour, il rencontre Julia…
Ayant porté ce projet pendant plusieurs années, l’auteur nous livre une brillante réinterprétation du livre phare de George Orwell. S’appuyant sur le texte de la célèbre dystopie, il fait évoluer son protagoniste, petit bureaucrate, dans un décorum oppressant, à coup de planches représentant l’immensité des bâtiments qui étouffent les individus. La seule issue possible semble la découverte de l’amour, seul moment de liberté face à la mise sous tension par la machine d’État. Mais le récit instille tellement un sentiment d’appréhension qu’il ne laisse que peu de doute au lecteur sur l’issue de cette histoire, notamment dans le final où le personnage devient peu à peu une ombre au fil des pages.
Il faut également souligner le travail graphique, chaque cadre a sa couleur (rouge vermeil pour les moments intimes, le jaune pour travail au ministère, noir et gris pour la détention, rouge sang pour le final), et la mise en page est très soignée, notamment avec le pop-up final qui donne vie à cet univers répressif dans lequel se perd Winston.
Une très belle adaptation !