Le trait de Lamquet, qui suit de loin les traces de Gir, y compris dans le lettrage, convient bien à cette histoire cybernético-érotique, genre pour lequel il semble éprouver une prédilection. Jolie mise en couleurs et beaux décors urbains. Incrustation d'images de synthèse assez bien venues.
On ne dira pas qu'il y a des messages profonds dans l'image de cette poupée nichonnée qui baise tous les Etats-Unis (au sens métaphorique), ni dans l'attention égrillarde qu'Alvin Norge porte aux sous-vêtements de sa copine Jennifer.
Lamquet a dû se livrer à un repérage serré à New York, à Central Park et ailleurs, pour nous livrer des décors aussi précis. Détail: une scène est censée se passer dans le World Trade Center. L'album est sorti en mars 2001. Si ça se trouve, c'est Kimberley qui était encore là en septembre...
Seconds rôles bien typés. Par contre, le décryptage informatique des pensées conservées dans le cerveau d'un cadavre par simple scan 3D a plus de mal à passer, mais on est libre d'introduire de la science-fiction quand on veut. En revanche, le résultats du décryptage est intéressant: il montre la rétention sélective d'informations non coordonnées auxquelles on cherche un sens.
Beaucoup de nos comportements quotidiens sont fondés sur des démarches aussi aberrantes.