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L'essence de l'Espagne.

Avis sur Astérix en Hispanie - Astérix, tome 14

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Je me souviens d'une interview de Goscinny par feu l'ORTF, époque où la télévision n'était pas encore une entreprise de décervelage systématique, dans laquelle le génial humoriste expliquait que faire rire, c'est quand même du boulot.

Chaque album, en particulier ceux dans lesquels nos amis gaulois voyagent, requiert la lecture d'une documentation impressionnante.

En ce qui concerne le monde hispanique, la vision qu'en offre Astérix en Hispanie est si juste, colorée et profonde qu'on sent bien qu'on est au-delà de la connaissance livresque : l'Espagne, René est tombé dedans quand il était petit, enfin l'Argentine, melting pot latin, c'est encore mieux.

Finalement ce sont les touristes et leurs idées reçues, que René regarde comme toujours avec beaucoup de bienveillance, qui ont raison : les espagnols ont fait beaucoup de progrès en cuisine, et ils constituent un peuple "fier et noble".

Enfin, un peuple, c'est difficile à concevoir. Disons que certains individus parviennent à développer ces qualités purement aristocratiques, à être castizos, "encastés".

Castizo, c'est très difficile à définir. Le mieux, c'est de prendre des exemples.

Soupalognon y Crouton est castizo, il n'est pas forcément sympathique a priori.

Obélix n'est pas castizo. Il est bien sûr sympathique.

De plus, il intervient une part de subjectivité, comme dans tout jugement de valeur :

Mon ami, le torero andalou Francisco Ruiz Muiguel, est castizo, déjà parce qu'il est mon ami, et surtout parce qu'il domine des aurochs de 600 kilos (René a raison de le rappeler : il convient de dire aurochero, surtout pas aurocheador).

Le cinéaste Pedro Alomodovar n'est pas castizo, sans doute parce qu'il est d'une vulgarité sans nom, au moins à mes yeux, et surtout parce que je me suis toujours endormi face à ses œuvrettes barbifiantes (barbie- fientes ?).

L'Espagne est réputée pour ses fêtes. Certes, mais des fêtes où on ne rigole pas tant que ça : la semaine sainte à Séville avec ses mecs engagoulés, c'est pas la franche poilade (paëllade ?), Goscinny l'a bien compris.

Et le flamenco, le cante hondo : Obelix en a saisi le tragique, qui chante pour plaire à une belle carmencita : Ay, ay, ay, quel malheur d'être né, ay, ma mère, pourquoi tu m'as fait ça ?

Un disciple de Cioran, ou, mieux, de Calderòn de la Barca, notre livreur de menhirs :

El delito mayor del hombre es de haber nacido.
"Le crime majeur de l'homme, c'est d'être né."

Astérix en inventeur de la tauromachie : l'astuce, c'est de bouger le corps le moins possible, et de dévier la charge en maniant la cape.

Le dessin d'Uderzo, aux couleurs somptueuses et si taurines.

Un régal, vous dis-je, à déguster avec un verre de fino et beaucoup de tapas.

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