Plus mauvaise lecture 2014
Apparemment adapté du roman éponyme, ce premier tome de l'Accro au Shopping n'a guère d'intérêt, pour ne pas dire aucun, si ce n'est amener le lecteur à se demander "mais pourquoi je m'inflige cela ?". Bon, déjà, remettons dans le contexte : je ne connais pas la "saga" l'Accro du Shopping (plusieurs romans et un film). Vu le nom je présume que cela parle à une partie de la population particulièrement consommatrice, or, ce n'est malheureusement pas trop mon cas. Cette BD est adaptée d'un roman qui est, en plus, réputé pour son humour. Et vu l'humour de la BD, je pense ne jamais me mettre au dit roman justement.
Voilà, c'est dit : la BD n'est pas drôle.
Rien qu'en disant cela on a passé un cap. Les 64 planches ne font pas rire et c'est en refermant le tome que j'ai lu, au dos de l'ouvrage "une histoire burlesque, teintée d'humour". Je ne dis pas ça par méchanceté, mais j'ai vraiment lu ce tome en entier sans jamais me dire à une seule moment "on est censé rire". Se dire que la BD ne dévoile pas d'elle même son humour, c'est quand même un gros soucis.
On s'inflige donc la vie de Becky Bloomwood, une londonienne de 25 ans, journaliste financière sans talent et qui ne comprend rien à son propre métier (ha, les joies du capital symbolique dans le monde des médias) et qui souffre d'une fièvre acheteuse particulièrement virulente. En gros, Becky a bien du mal à passer une journée sans acheter pour au moins 150 livres sterling. Ses dettes s’accumulent sans cesse et elle ne répond pas aux injonctions de sa banque.
Et Becky cherche plusieurs plans pour s'en sortir, dépenser un peu moins, mais surtout gagner plus d'argent. Et pour cela, tous les moyens sont bons, même si le principal reste encore de trouver un riche mari.
Et là, autant prévenir tout de suite, un quart de la BD se limite à de l'achat de fringues par Becky (qui ne trouve pas qu'elle ait le moindre problème psychologique au passage). Ce qui est, pour le moins, énervant. D'autant plus que la seule obsession de Becky est bien les fringues, les parfums ou les achats de manière générale (même dans un musée ou dans un couvent, elle n'est motivée que par le shopping). Une énorme partie du scénario c'est donc des achats et la moitié des dialogues c'est uniquement des réflexions comme "ha, ce petit haut m'irait bien. Ha quel beau parfum, il l'a acheté combien. Il me faut ces chaussures !"
Bref, on nous renvoie une image à peine stéréotypé des femmes et surtout, l'héroïne est juste méga-agaçante !
On a donc, en substance, perdue déjà pas mal des pages (ba oui, la moitié des phrases et un bon quart des planches). Mais ce qui reste est très mauvais. Les "retournements" scénaristiques sont quasiment inexistant au début, pour devenir "des contes de fée" après avec quelques énormes Deus ex Machina.
Les pensées de Becky sont aussi très mécaniques et la manière de les formuler ne nous fait pas rentrer dans la BD. On voit, ici, que la transition roman/BD a été difficile.
Globalement, une fois le tome fermée, suite à l'ennuie de l'enchainement narratif, également très mauvais, on se demande surtout ce que la BD a pu nous apporter. Le dessin étant académique au possible, on n'a rien à en attendre, et c'est bien vers le scénario qu'on se tourne. Or, le vide galactique présent en lui nous rappelle que non, cette BD nous a fait perdre notre temps. Parue en 2012, cette bande-dessinée est ma pire lecture de 2014.