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Carte noire
Dark Country contient en son coeur noir bien des surprises.La première, c’est qu’il s’agit d’une double adaptation d’un scénario de Tab Murphy, sous la forme d’un film et de cette bande-dessinéeTab...
le 17 oct. 2025
Dark Country contient en son coeur noir bien des surprises.
La première, c’est qu’il s’agit d’une double adaptation d’un scénario de Tab Murphy, sous la forme d’un film et de cette bande-dessinée
Tab Murphy n’est peut-être pas un nom des plus connus, mais il a pourtant été l’un des scénaristes les plus influents de Disney dans les années 1990 et 2000, avec les histoires du Bossu de Notre-Dame, Tarzan, Atlantide, l’empire perdu et Frère des ours. Après avoir quitté la compagnie aux grandes oreilles, il se lança dans différents projets, Dark Country fut l’un des premiers. Une histoire noire, entre le thriller et le fantastique, comme une libération après tant d’années sur des histoires à destination des enfants.
Le script de Dark Country achevé, il fut confié à l’acteur Thomas Jane, qui signa en 2009 son premier film en tant que réalisateur avec cette adaptation, mais qui reçut des critiques mitigées.
Rien de bien surprenant, mais ce qui l’est plus est le pendant de cette adaptation filmée, avec le dessinateur suisse Thomas Ott qui a accepté d’en faire une version illustrée, sans connaître le film de Thomas Jane. Ce sont donc deux versions différentes et complémentaires d’un même scénario, et non pas l’adaptation du film, comme certains sites le prétendent encore.
D’autant qu’il ne s’agit pas que d’un travail de commande pour Thomas Ott, qui a eu les coudées franches, et heureusement, il s’agit d’un des dessinateurs les plus exigeants et les plus talentueux de ces dernières années, malgré un anonymat presque criminel.
Car Thomas Ott utilise généralement une technique rare et exigeante, celle de la carte à gratter. Contrairement aux autres dessinateurs et illustrateurs qui habillent la page blanche de traits noirs, lui gratte des surfaces noires pour en faire ressortir le blanc, la lumière. Un travail minutieux et fragile, où il s’agit d’ôter pour créer, mais aussi d’installer les formes, de composer des cases.
Une telle pratique technique et esthétique ne va pas de pair avec tous les genres, et l’artiste est un passionné de romans noirs, dont l’influence est ici primordiale. L’histoire de Dark Country est simple, presque évidente, avec ce couple responsable d’un accident de la route dont le cadavre va les hanter. L’Amérique des grands espaces est ici convoquée, avec ses insensées routes sans fins, presque désertes, mais empoisonnées par ses secrets pas si faciles à garder.
Un déroulé déjà vu, mais qu’importe, car, comme au cinéma, autre influence évidente, on peut utiliser cent fois la même histoire tant qu’on ne la raconte pas de la même façon. Thomas Ott, comme ici et comme souvent, n’utilise pas de dialogues, il préfère laisser exprimer ses illustrations. Tout se suit avec limpidité, trop d’informations aurait probablement alourdi la compréhension, même si la conclusion arrive bien vite.
Il ne faudrait pas lire Dark Country trop vite, picorer les pages d’un œil distrait, car il faut laisser infuser les sensationnelles illustrations de Thomas Ott dans l’oeil, laisser leur étrangeté et leur trouble s’offrir à nous. Il ne s’agit pas seulement de technique pour la technique: elle participe à cette atmosphère plombante et poisseuse. Un œil vigilant permet d’apprécier le travail fourni, ses traits fins, comme des fins rayons permettant d’offrir une matière à ses décors ou ses lumières envoûtantes, telles des des filaments tournoyants. Un combat entre l’obscurité et le visible, mené par un illustrateur complètement investi.
Dark Country est donc cet incroyable projet, né de l’autre côté de l’Atlantique et pourtant confié de manière surprenante à un auteur suisse, dont la démarche et le travail sont à contre-courant des tendances actuelles. L’histoire reste mineure, et pourtant Thomas Ott la hisse vers d’autres sommets, malgré un format réduit et une pagination qui n’empêche pas les développements. Une petite sucrerie noire, comme un conte horrifique à se partager au coin du feu.
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le 17 oct. 2025
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