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« Tu vas devoir trouver un moyen de remonter la pente… »

Critique sur les tomes 1 à 13.

En 2072, le monde vit confortablement depuis une décennie après qu’une nouvelle technologie ait été développée, les coils. Ces bobines, mises au point en poursuivant les recherches de Nikola Tesla, permettent d’accéder à une source d’énergie inépuisable, ceci en puisant l’énergie dans une autre dimension, la dimension W. La distribution des coils et de l’énergie est supervisée par la gigantesque entreprise New Tesla, présente partout à la surface du globe. Mais malgré toute leur vigilance, certains coils font surface dans le monde criminel. Certains individus ont pour mission de récupérer ces coils, on les appelle les récupérateurs. C’est le travail effectué par Kyoma Mabuchi, japonais bougon et râleur, ancien membre de forces spéciales qui refuse toute utilisation des coils et de technologies poussées, préférant utiliser des voitures à essence que d’autres à coils par exemple. C’est lors d’une de ses missions qu’il rencontre Mira, androïde incroyablement perfectionnée et créée par le docteur Yurizaki, inventeur des coils et pour qui elle était comme une fille adoptive. Après le suicide de ce dernier, ne pardonnant pas à New Tesla la mort de sa famille, Mira et Kyoma se retrouvent malgré eux à faire équipe. Et lors de leurs péripéties communes, ceux-ci vont bien vite se rendre compte que bien de sombres secrets existent sur les coils et la Dimension W…

Ecrit et dessiné par Yuji Iwahara, Dimension W peut se targuer de posséder des personnages attachants et disposant d’une direction artistique très attrayante. Ceci vaut pour les personnages principaux comme Kyoma par exemple, homme prisonnier de son passé et s’habillant de manière très sobre et assez traditionnelle comme les secondaires avec Mary, patronne de la pègre sévère bien en chair à la coiffure improbable. J’aime tout particulièrement les personnages des princes Salva et Rowaï, non seulement pour leur histoire et leur relation assez intéressante, mais aussi parce que je n’ai pas souvent vu un pareil traitement de personnages africains dans des mangas, cela apporte une véritable bouffée d’air frais.
Les personnages évoluent en plus dans un univers fort intéressant. Déjà parce que ça fait toujours plaisir au milieu de toutes les dystopies et univers post-apocalyptiques dont nous sommes constamment abreuvés de voir un futur où les choses se passent relativement bien, mais aussi parce que Iwahara crée un univers particulièrement crédible. Les explications qui sont offertes pour expliquer le fonctionnement des différentes technologies et de la société sont traitées avec le plus grand sérieux et on sent un très gros travail pour rendre tout cela le plus crédible et compréhensible possible malgré la complexité de certaines explications. L’univers dans lequel passe donc l’action semble très vivant, et très réaliste, c’est un vrai plaisir.
Du côté graphique, j’aime bien le style de Iwahara, que ce soit par la direction artistique que j’ai plutôt évoqué pour ces personnages mais qui vaut également pour l’architecture. Les scènes d’action sont aussi très lisibles et fluides, c’est très agréable à lire. Un petit détail sympa, chaque couverture française voit le numéro du tome et certains dessins de la couvertu être fluorescents, c’est inutile mais c’est amusant.

La série n’est pas très longue (13 tomes à la rédaction de ces lignes) mais bon dieu qu’elle est inégale. Si elle commence sur les chapeaux de roue pendant quelques tomes, elle rencontre à partir du tome 6 de nombreux écueils, dut à une histoire à la qualité très inégale. Si certains arcs sont très plaisants, d’autres au contraire ont tendance à s’enliser et à durer, au point que la lecture finit par devenir vraiment laborieuse.
Et si cette lecture est laborieuse, c’est en partie due aux explications qui aident à rendre aussi crédible cet univers et que j’ai loué tantôt. Celles-ci ont effet tendance à être envoyées en grand bloc, la plupart du temps dans des dialogues difficilement digestes tant ceux-ci sont longs, peu dynamiques et crie à chaque syllabe « exposition ». Du coup, si ces explications amènent beaucoup en construction d’univers, elles enlèvent beaucoup en termes de rythme, parasitant la progression du récit à plus d’une reprise.
Et malheureusement, plus la série avance, plus l’histoire s’enlise. Le scénario qui s’essouffle tend à s’enfoncer dans certains ressorts scénaristiques qu’il avait réussi jusque-là à éviter (histoires de fin du monde et méchants à la force titanesque…). Il n’y a rien de mal en soit avec ces ressorts qui peuvent beaucoup apporter à une œuvre, mais leur utilisation ici est complètement inadaptée, tendant avec cette apparition tardive à souligner les faiblesses du scénario et donner une impression de perte d’originalité. Le manga qui est pourtant un seinen tend à faire de plus en plus shonen, que ce soit dans le ton ou dans des tournures scénaristiques. Encore une fois ce n’est pas qu’il y a quelque chose de mal avec ce type de ton, mais ce n’était pas ce pour quoi la série brillait au début et malheureusement, ce changement nuit pas mal à l’œuvre qui devient de plus en plus générique avec le temps qui passe.

En Conclusion : L’auteur avait évoqué le fait que sa série se terminerait en moins de 20 tomes. Si cela est toujours le cas, ce ne serait pas un mal tant Dimension W s’essouffle et s’enlise avec le temps. Le manga a un univers original et des personnages intéressants, mais hélas ces éléments souffrent d’une narration en dents de scie, souvent bien trop occupée à rendre son univers crédible scientifiquement et socialement plutôt que de l’utiliser pour raconter une histoire à la qualité constante. C'est d'autant plus frustrant que l'oeuvre nous montre bien qu'elle est capable de le faire. J’espère que les tomes prochains relèveront la barre et que je pourrais alors relever la note, tant j’appréciais cette série dans ses premiers tomes et aimerait la revoir au même niveau.

il y a 3 ans

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Dimension W
Capitaine_Reculoux
6
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Anvil
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