Un retour au goût amer

Avis sur Dragon Ball Super, tome 1

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Si Dragon Ball Super version animation est ce qu’elle est, à savoir une série moyenne pour surfer sur une licence possédant toujours autant de fans, sa déclinaison papier est pour le moment largement moins recommandable. Le majeur problème étant, comme je le dis plus haut, qu’elle est une « déclinaison » et non pas la pièce maîtresse sur l’échiquier. Ils (éditeur ? auteur ?) ont ainsi eu la bonne idée de bâcler en un temps record les deux premiers arcs sous prétexte que nous les avions déjà vu en série (ou en film). Un non respect assez spectaculaire pour ceux se préservant de voir la série afin favoriser la lecture. Ainsi le premier Arc « Battle of Gods » est fait en deux petits chapitres, alors que le second arc « Résurrection of F« , est quant à lui résumé… en une simple petite case au début de l’arc suivant ! N’ayant pas vu le film, ni la série jusqu’à ce point (et ne comptant pas le faire), autant dire que ma lecture fut largement amer ! Le manga ne devenant qu’un simple faire valoir de la série d’animation.

Deux chapitres et une case plus loin, nous voici donc au début du 3eme arc qui prendra la majeure partie de ce tome. Un tournoi intergalactique composé des meilleurs combattants de deux univers parallèles… mais manquant cruellement d’originalité et d’enjeux. C’est probablement l’arc le moins intéressant (pour le moment ?) de toute l’histoire de Dragon Ball. Le tout traduit grandement un manque de volonté flagrant d’innover, afin de voguer sur des personnages et thématiques déjà acquises par le passé, en rendant les nouveaux venus à peine dispensables. J’en viens même à me demander si je ne préfère pas Dragon Ball GT, qui avait au moins le mérite de faire bouger la fourmilière.

J’ai occulté l’information depuis le début de cette chronique, le dessin n’est plus signé par Toriyama. Pour l’occasion c’est Toyotaro qui récupère les crayons et on peut dire que ça ne choque pas forcément. Si dans l’exercice de singer le dessin de son sensei, il se trouve être hésitant et manquant de dynamisme en début de tome, ça s’améliore par la suite, mais ne trouve pas encore un style propre. Je comprends le fait de devoir faire du Toriyama pour vendre du Dragon Ball, mais d’en récupérer la composition générale sans en maîtriser complètement le style, contribue à l’impression d’un dessin figé, sans génie apparent.

J’ai même eu la fâcheuse impression que Dragon Ball n’a pas évolué d’un pouce depuis sa « fin » et a même régressé afin de s’adresser à un nouveau public, plus jeune, au lieu d’un public historique ayant grandi avec. Sorti tout droit du formol, Dragon Ball Super ressemble ainsi en tout point à un shonen d’un temps révolu, ayant éclipsé l’évolution du genre pendant toutes ces années et se retrouvant donc largement dépassé par la concurrence, que ce soit scénaristiquement ou artistiquement. En comparaison, courez lire My Hero Academia, qui est bien plus en phase avec notre époque et est (pour moi) la référence actuelle du shonen. Vous l’aurez compris, ce premier tome de Dragon Ball Super est très loin de m’avoir convaincu. J’attendrais d’avoir le second tome entre les mains avant de signer le glas de la série, mais il a de forte chance que j’abandonne si le niveau ne remonte pas.

Coffee Quest

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