Qui ne connaît pas Lawrence d’Arabie ? N’en a jamais entendu parler ? Le film célèbre (de David Lean avec Peter O’Toole) a en effet grandement contribué à populariser un personnage dont Churchill disait déjà qu’il « survivrait dans l’Histoire » (cf. la citation en couverture). Peut-être les nouvelles générations le méconnaissent-ils cependant (...). S’appuyant néanmoins sur cette renommée acquise, à partir d’un solide travail de documentation, Tarek – grand amateur d’histoires comme d’Histoire – revient sur le personnage et, plus largement, sur le contexte de l’époque. En effet, plus qu’une simple biographie héroïque, Lawrence d’Arabie se veut un tableau réfléchi du conflit. Au dessin, Alexis Horellou adopte d’ailleurs un style raccord – présentant certaines similarités avec le travail (crayonné) proposé sur une série comme Le photographe. Son trait a des allures épurées de carnet de voyage (de "journal des opérations" en quelque sorte), scrupuleux de l’essentiel, habillé d’une palette de couleurs ramassée (autour des gris, beiges, marrons, jaunes or). Les blancs francs sont absents, les encrages soignés. Le rendu final convainc offrant un cachet singulier au titre. Ce second volet débute par la prise d’Aqaba avant de conclure sur la prochaine entrée à Damas (d’où En route pour Damas !). Une montée en puissance donc. En plus de l’aspect héroïque, la fresque offre aussi une mise en perspective éclairante. Didactique et divertissant, il serait dommage de passer à côté de ce « retour gagnant » sur le personnage et ce pan méconnu de la Première (houps!) Guerre mondiale au Proche-Orient. Suite et fin (d’un premier cycle seulement ?) très prochainement dans L’entrée victorieuse en bleu mist…
Par Joseph Arrouet