Un petit bijou!

Avis sur Espèce dissidente - Animal Man, tome 3

Avatar Romain Bouvet
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A l’instar de Swamp Thing, Animal Man est l’autre série surprise et passionnante des New52. Cette version de Jeff Lemire m’aura permis de découvrir un super-héros profond et torturé entre son rôle de justicier et celui de chef de famille. Sa famille, qui fait partie intégrante de l’équation de ce titre, rajoutant encore davantage d’intérêt. Et cette famille va avoir un rôle central dans ce tome, amenant son lot d’émotion et son zeste de tragique.

Au sortir du Nécromonde, Buddy Baker subit la plus lourde perte de sa carrière de super-héros. Au fond du désespoir, son salut viendra du dernier endroit auquel il s’attend : Hollywood ! Nommé aux Oscars, Animal Man va voir sa vie chamboulée par cette nouvelle célébrité ! (Animal Man #18-23 + Annual #2)

Avant toutes choses, ce tome ne fait pas suite au volume #2 comme il serait logique, mais au tome #3 de Swamp Thing où les chapitres d’Animal Man ayant trait à l’énorme saga Nécromonde ont été rassemblé. Ce tome commence au retour de Buddy chez lui, à notre époque, où il doit tenter de sauver sa famille des griffes du jeune William Arcane. Et si, comme on pouvait s’en douter, les choses reviennent à la normale à la sortie du Nécromonde, le prix à payer est très lourd, surtout pour Buddy Baker, qui se voit priver d’un être très cher…

Commence alors une longue descente en enfer pour Animal Man ! Son couple explose, le Parlement du Sang ne supporte pas sa colère et son attitude (pourtant justifiée) et le rejette. Buddy Baker se retrouve seul, en pleine dépression, en plein désespoir, et ce n’est pas sa nomination aux Oscars pour son rôle dans le film « Collants » qui va réussir à lui faire sortir la tête de l’eau… Jeff Lemire prenant un malin plaisir à torturer son personnage, à le faire chuter, mais plus il tombe et plus on se demande comment notre héros va réussir à se relever.

Jeff Lemire nous offre un scénario sombre, à la narration juste et nerveuse. On sent que Buddy pourrait basculer, craquer à chaque instant. Une ambiance oppressante, stressante, bien loin de ce que l’on peut voir habituellement chez DC, surtout du côté des super-héros, et qui se rapproche beaucoup plus de la ligne Vertigo, où la noirceur, la douleur et le désespoir ont su trouver leur place. Alors qu’il traverse une épreuve terrible, Buddy se retrouve complètement seul et n’a plus goût à rien. Mais une histoire d’animaux disparus, de beaucoup d’animaux disparus, et de mauvais conseils de son agent vont lui faire renfiler son costume d’Animal Man. Et cette nouvelle aventure, ce nouvel arc qui s’ouvre pour lui va la conduire au cœur d’une secte adoratrice du Sang et d’un ennemi semblant vouloir s’y rendre pour abattre le Parlement du Sang, lui et son complice… Et ce cliff final met l’eau à la bouche et nous fait bouillir d’impatience pour le quatrième et ultime volume de cette série.

Mais Buddy n’est pas le seul champion du Sang, il y a également Maxine, sa fille, Animal Girl comme elle aime à se faire appeler. On sent que ce petit personnage attachant va prendre une place de plus en plus importante (il n’y a qu’à voir comment elle tient tête au Parlement et le mène par le bout du nez pour obtenir ce qu’elle désire). Elle va profiter des nuits pour rejoindre le monde du Sang et se mettre en quête d’un personnage disparu…

Et si Animal Man est une réussite scénaristique, ça en est également une artistiquement. Que ce soit Steve Pugh, Travel Foreman (sur l’Annual) ou Francis Portela, on retrouve toujours les traits caractéristiques à la série depuis le début. Un style plus sombre, plus mature. Les couleurs de Lovern Kindzierski (qui colore tous les chapitres) renforçant le sentiment d’oppression, de lourdeur. Une magnifique expérience visuelle qui marque mais qui malheureusement ne parlera pas à tout le monde.

Bref, Animal Man sombre dans la dépression et dans le noir le plus total (comme l’illustre à merveille la couverture sublime de ce tome signée Jae Lee). La vie de Buddy Baker prend une tournure bien triste et douloureuse, et nous marque au fer rouge grâce à la narration de Jeff Lemire et à son formidable travail sur la psychologie chaotique de ce personnage hors normes dans le paysage de DC Comics.

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