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le 2 avr. 2020
SuivreCalmos x Bertrand Blier
La Culture est belle car tentaculaire. Elle nous permet de rebondir d’oeuvre en oeuvre. Il y a des liens partout. On peut découvrir un cinéaste en partant d’autre chose qu’un film. Je ne connaissais...
Les histoires courtes de Jake Raynal parues dans Fluide Glacial ou Psikopat sont des petites merveilles d’humour noir. Il est curieux, et même criminel, qu’elles ne soient pas assez connues. Esprit frappeur en rassemble quelques unes dans un plus grand format qui en soulignent l’étrangeté et la force.
L’auteur apprécie le paranormal et les superstitions, comme tant d’autres. Mais le quotidien est aussi un de ses terrains de jeux. Et il s’interroge. Chacun de ses segments est un petit ensemble dont le sérieux est documentaire, mais les intentions ironiques. C’est avec un humour absurde que Jake Raynal reprend ces petites croyances et les explique à sa façon, avec un détachement doctoral, on lui donnerait le bon dieu sans confessions.
Dans « Les coups de fil de l’au-delà » les conversations avec les morts sont décortiquées avec un humour froid déconcertant. Car ces morts avec leurs appels d’outre-tombe ont des sujets de discussion plats. Le segment se termine d’ailleurs par la remarque que les fax de l’au-delà ne semblent guère promis à beaucoup d’avenir. On peut le comprendre.
Dans « Non aux mines anti-personnel dans l’entreprise », le secteur privé est critiqué pour sa gestion un peu trop explosive du personnel.
« Zorro contre Adolf Hitler » est par contre une histoire là aussi déconcertante, tout est dans le titre, mais pourtant raconté avec plus grand des sérieux.
Et il y en a d’autres encore.
Et on se régale.
D’autant plus que le trait de Jake Raynal est en parfaite synergie avec son humour noir, avec son trait un peu cabossé, ses contours qui semblent creusés dans la page. Ses compositions en noir et blanc font ressortir le noir, le sombre, toute l’inquiétude de ce ton et de celle des personnages. Ces derniers sont ainsi esquissés fiévreusement, gravés dans le noir, le visage le plus souvent imperturbable, parfois même inconscient de ce qui se joue contre eux.
Bien peu d’auteurs arrivent à créer un tel humour par l’absurde, tant le décalage est grand avec le sérieux du texte mais aussi avec la noirceur de ces pages. On n’y rit pas chaleureusement, c’est certain. Mais on se réjouit de la malice de Jake Raynal, qui s’amuse si bien de l’absurdité de nos superstitions ou de l’étrangeté de notre monde, n’hésitant pas à en rajouter de nouvelles couches.
Il serait d’ailleurs bien opportun de réunir ces histoires courtes dans une intégrale à sa mesure, les fausses vérités de Jake Raynal sont bien meilleures que toutes les fake news actuelles.
L'ouvrage est depuis belle lurette épuisé, ce n'est pas grave. Jake Raynal, dans sa quête de la Vérité vraie à diffuser au plus grand nombre, propose tout son album sur son site internet. C'est ici que ça se passe, merci Jake.
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Créée
le 21 janv. 2021
Critique lue 79 fois
8
le 2 avr. 2020
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