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Jojo's Bizarre Adventure est une série fleuve et culte débutée en 1987 et qui est toujours en cours de publication au Japon. La série fait actuellement 97 volumes, le tout constitué de 7 parties. Chaque partie est l'occasion de vivre une aventure avec de nouveaux héros.
Les 46 premiers volumes correspondent aux 4 premières parties de la saga : Phantom_Blood ; Battle_Tendency ; Stardust_Crusaders et Diamond_is_not_Crash . Avant d'aller plus loin, je me dois de préciser qu'en France, les 46 premiers volumes (parus chez J'ai Lu) sont difficilement trouvables.

Première partie : Phantom Blood (volumes 1 à 5)

La saga Jojo's commence à la fin du 19ème siècle en pleine Angleterre victorienne et nous conte les aventures de Jonathan Joestar, un jeune fils de bonne famille qui se retrouve confronté aux manigances de son frère adoptif : Dio Brando. Ce dernier a été recueilli par la famille Joestar après la mort de son père, mais sous son apparente innocence, Dio se révèlera bien vite fourbe et machiavélique, n'hésitant pas à user des pires bassesses pour mettre la main sur la fortune des Joestar. Jonathan se mettra bien sûr sur son chemin, et pour le vaincre, Dio recourra à un étrange artefact aztèque qui le dotera de pouvoirs surhumains tout en le transformant en vampire. Jonathan, quant à lui, apprendra l'onde, une technique de combat atypique à même de lui donner une chance de vaincre son frère devenu vampire.

Soyons clairs, on m'a forcé la main pour que je lise Jojo's ! En effet, le début de la série n'est pas facile à appréhender. Le style graphique de l'auteur pour commencer est très particulier, car ce dernier, bien que fourni en détails se révèle brouillon. Ainsi les membres des personnages en pleine action sont souvent déformés , les bras et les jambes semblent s'allonger plus que de raison et comment dire.... les protagonistes tirent souvent de drôles de tronches ! Il faut dire malgré tout que l'auteur possède déjà un style bien à lui, et cela malgré l'influence certaine d'Hokuto No Ken dans le design du héros : le look de Jonathan et plein de corps musculeux entre autres. Sinon, Candy avec des gros mecs baraques qui courent dans les prés en pleurant à chaudes larmes, ca vous dit ? Car c'est comme ça, le début de Phantom Blood et autant dire que ca m'a fait bizarre. Mais justement, on parle de Jojo's Bizarre Adventure et toute la série possède un côté décalé, bien que sur les premiers volumes, ce soit moyennement bien maîtrisé et que cela se voie... Au final, j'ai dû me forcer à lire mais même si cette première partie possède pas mal de défauts, elle n'en reste pas moins assez bonne pour donner envie d'en savoir plus sur l'histoire et de plus, elle permet de poser un background intéressant pour la suite du manga.

Seconde partie : Battle Tendency (volumes 5 a 12)

La seconde partie de Jojo's se déroule durant les années 30 et il s'agit cette fois de suivre les aventures de Joseph Joestar, le petit fils de Jonathan Joestar. Joseph est un jeune prodige de l'onde, la technique de combat que son grand-père avait appris à maîtriser. Ce petit-fils prodigue devra se rendre au Mexique où il affrontera une créature dont la puissance la rend plus proche du demi-dieu que de l'homme et qui s'avère très liée à l'artefact aztèque qui avait fait de Dio un vampire cinquante ans plus tôt. La révélation après un âpre combat qu'il existe trois autres créatures semblables à cette dernière, poussera Joseph à partir en Italie afin de pouvoir les affronter.

Cette seconde partie n'est pas celle qui m'a le plus marqué car bien qu'un peu mieux maîtrisée que la première, elle n'en possède pas pour autant l'effet de surprise qui avait su éveiller un minimum mon intérêt .Cependant, l'aspect « aventure » est plus prononcé et quelques affrontements dantesques nous y sont proposés sans compter que les dessins se révèlent dans l'ensemble beaucoup moins brouillons. Dans cette seconde partie, il se passe beaucoup de choses et l'auteur commence à se lâcher, les situations improbables ou grotesques se font plus ainsi plus présentes. Cependant, une chose m'a un peu choqué : je trouve que l'auteur traite le nazisme de manière trop légère et cela même, pour une oeuvre comme Jojo's Bizarre Adventure. Battle Tendency est finalement un passage plus abouti et plus original que la première partie, mais ce n'est pas encore là que Jojo's devient culte...

Troisième partie : Stardust Crusaders (volumes 12 à 28)

Un nouveau saut dans le temps pour cette troisième partie de Jojo's puisque nous voilà en 1989 : Stardust_Crusaders commence dans une cellule d'un commissariat japonais, dans laquelle on fait la connaissance de Jotaro Kujo, un jeune homme taciturne pas vraiment accoutumé à se laisser marcher sur les pieds. Pourtant, alors que rien ne l'en empêche, ce dernier refuse de sortir de sa cellule car il est, dit- il, possédé par un esprit. Pour le raisonner, c'est son grand-père qui est appelé à la rescousse : Joseph Joestar. Et grâce à lui, Jotaro apprendra que ce qu'il prenait pour un esprit est en fait un stand, soit un double psychique doté de pouvoirs incroyables. Mais la venue de Joseph a en réalité une autre raison : la résurrection de Dio ! IL est de retour et IL est pas content ! D'ailleurs, il est bien décidé à se débarrasser de la lignée Joestar et pour ce faire, il n'hésitera pas à envoyer une tripotée de manieurs de stand à ses trousses. Et pour couronner le tout, la mère de Jotaro réagit très mal à l'apparition de tous ces stands, faisant que le seul moyen de la sauver est de vaincre Dio dans les 50 jours qui suivent...

La troisième partie de Jojo's est peut-être la plus réputée auprès des fans puisqu'elle intègre en effet plusieurs éléments décisifs au succès du manga tout en apportant en plus un coté aventure qui lui est propre. En effet, Dio se trouve au Caire et pour des raisons qui sont expliquées dans le manga, nos héros ne peuvent prendre l'avion. C'est donc un road movie que Hirohiko Araki nous propose et il y a fort à parier que le lecteur japonais de l'époque n'était pas vraiment habitué à un tel contexte dans un shonen. Outre cette spécificité propre à la troisième partie (dont on devine cependant les prémisses dans la seconde), l'élément qui est vraiment novateur est l'apparition des stands ! L'origine des stands dans l'histoire est un peu obscure, mais je suppose que c'est finalement une sorte d'évolution du pouvoir de l'onde. Les stands procurent des spécificités à chaque personnage comme la force brute, le feu, une grande vitesse... des pouvoirs qui peuvent paraître assez classiques sauf qu'il y a d'autres types de stands qui, eux, sont plus originaux. Des stands aux capacités parfois incongrues mais d'une efficacité souvent redoutable qui amèneront nos héros à compter sur autre chose que la puissance pure. Car c'est cela l'évolution majeure que les stands apportent : des combats où la stratégie prime, où l'intérêt réside dans la recherche et la compréhension du pouvoir de l'autre puis à en trouver la faille. Des combats où tout est permis et où seule la victoire compte ! Ces combats ne sont pas encore les plus stratégiques de la série mais les bases sont là. Graphiquement, on sent que l'auteur est arrivé à maturité : les dessins sont nets et on finit par comprendre que le look décalé des personnages n'est pas une faute de goût mais bien un style assumé par Araki. Les poses et les attitudes des différents protagonistes sont, elles, surjouées et même si c'est voulu par l'auteur, on peut parfois se poser des questions sur la sexualité des héros.... Stardust_Crusaders est la partie qui m'a fait accrocher pour de bon à Jojo's car ses différentes qualités et le charme qui s'en dégage m'ont fait oublier ses quelques petites imperfections à tel point que j'ai dévoré les volumes les uns après les autres.

Quatrième partie : Diamond is not Crash (volumes 29 à 47)

En 1999, au Japon la petite Ville de Morioh subit de nombreuses apparitions de manieurs de stand. Ces dernières sont provoquées par une étrange flèche qui, appliquée sur un individu, révèle en lui un pouvoir... ou le tue. Josuke Higashikata est le fils illégitime de Joseph Joestar ...Et donc l'oncle de Jotaro Kujo. Ce dernier est venu prévenir son neveu qu'un dangereux psychopathe manieur de stand sévit à Morioh. Cet incident sera le premier de nombreux autres et Josuke devra, avec l'aide d'autres manieurs de stand, protéger sa ville natale contre les atteintes répétées de différents manieurs maléfiques.

Dans cette partie, les dessins s'affinent encore, Josuke verra ainsi sa silhouette passer de celle d'une armoire à glace à celle d'un mec un peu plus normal (mais qui tient visiblement une bonne forme quand même). Les combats aussi gagnent en subtilité. L'usage de la force brute est quasiment révolu dans cette quatrième partie, et les stands rivalisent d'originalité autant dans leurs points forts que dans leurs faiblesses. Ainsi, Josuke possède un stand ayant une grande force de frappe... sauf que ce dernier soigne également ce qu'il touche ! Et c'est loin d'être le stand le plus original de cette partie du manga... Les stands efficaces sont finalement ceux qui nécessitent le plus de subtilités dans Diamond is not Crash. Le schéma narratif est lui aussi différent des autres parties du manga, il s'agit plus de rencontres houleuses entre manieurs de stand avec en toile de fond une confrontation avec un serial killer. Ce dernier est un méchant vraiment original et réussi car à part le fait d'être un tueur en séries il n'aspire qu'à vivre au calme... et s'amuser tranquillement bien sûr. Un individu qui se méfie finalement autant de nos héros qu'eux se méfient de lui. Il faut admettre que l'auteur a toujours eu pour manie de s'éparpiller dans Jojo's et c'est particulièrement vrai dans cette quatrième partie : par exemple, la coupe de cheveux de Josuke qu'il ne faut absolument pas critiquer sous peine de le mettre dans une rage noire est en fin de compte un problème capillaire qui sera très vite mis de côté sans que l'auteur y revienne. Auteur qui nous déballera également un grand nombre de manieurs de stand, dont certains, bien que se détachant du lot de par leur traitement plus recherché ne seront présents au final que le temps d'un combat sans exercer aucune influence sur la suite de l'histoire. Diamond is not Crash est sur les quatre premières parties, ma préférée, autant pour les dessins que pour les combats. Le second degré est cette fois maîtrisé à la perfection, que cela soit pour l'humour ou pour le grotesque de beaucoup de situations vécues par les protagonistes. A mes yeux, ce manga a atteint un stade où les quelques imperfections m'ont semblé faire partie du charme de l'oeuvre.

Je me répète mais Jojo's Bizarre Adventure n'est pas un manga facile à aborder. A la première approche, ce déroutant manga semble accumuler les points rédhibitoires : notamment un petit côté « shônen-aï musculeux » qui déplaît souvent au lectorat lambda amateur de shônen (dont moi). De plus, comme dit plus haut , pour les premiers volumes, le style décalé et le coté brouillon n'aident pas à apprécier Jojo's Bizarre Adventure. Mais il s'agit d'une oeuvre qui s'apprécie sur le long terme et qui gagne en qualité au fil des volumes. Si je devais citer les deux grosses évolutions effectuées sur les 46 premiers volumes, ce serait les combats et le style graphique qui ont bien changé. Vers la fin de la quatrième partie, les personnages seront bien plus longilignes qu'au tout début du manga (les protagonistes avaient alors des biceps gros comme mes cuisses). Pour ce qui est des combats, Jojo's a grandement influencé les shônen, notamment en proposant des affrontements qui font d'avantage appel à la stratégie et à l'intelligence qu'à la force (physique comme de caractère). C'est donc grâce à Jojo's qu'on peut apprécier la subtilité de mangas comme Hunter X Hunter ou pour les plus jeunes, Yu-Gi-Oh .

Jojo's Bizarre Adventure est donc une série B où les acteurs prennent des poses exagérées tout en lançant des répliques improbables. Une série B aux événements rocambolesques où le grotesque côtoie l'absurde. Mais une série B où tous ces éléments kitch sont voulus et assumés. Une série B qui a su innover et s'imposer comme une référence du shônen manga.

PS: Je n'en parle pas dans cet article mais même si j'ai moins aimé la cinquième partie, la suite de la série qui est parue chez Tonkam est toujours excellente. Actuellement j'ai un gros coup de cœur pour la sixième partie : Stone Ocean.
Zushi
10
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