Josselin Bigaut

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La dent est dure mais le palais l'exige, on ne savoure vraiment qu'après avoir bien mâché.

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Mais que signifient mes notes au juste ?

1/10 : J'aurais voulu mettre zéro. Soit le travail est d'une médiocrité absolue, soit son propos ou son concept (une œuvre reposant sur un concept n'est pas une œuvre... mais un concept et ne peut s'accepter que comme tel) s'avère inepte et donc inapte à la lecture. On se soumet à l'exercice de pareilles œuvres - si le mot est encore justifié - pour l'expérience ; pour la finalité de dire «J'ai lu tel manga ou vu tel anime» comme d'autres pourraient vous dire «J'ai fait le Vietnam». Parce que c'est une expérience un 1/10. Mais pas une que je souhaite à qui que ce soit.

2/10 : À médiocre, médiocre et demi. Ce sont des œuvres qui valent plus que celles notées 1/10 mais qui, en un sens, sont moins bien considérées. Car sont considérés par un 2/10 les mangas et anime dont l'insipidité et le manque d'originalité prend le pas sur tout autre critère. C'est mauvais sans même avoir la force de son insuffisance. Les 1/10 sont légendaires à leur manière, mais les 2/10 ne valent finalement même pas qu'on parle d'eux. Pas même pour leur cracher dessus.

3/10 : Ça aurait pu. Il y avait des idées - plus généralement une - qui aurait pu initier l'étincelle à l'origine d'un brasier. Peut-être d'un modeste début d'incendie seulement, mais le début de quelque chose tout du moins. Un 3/10, c'est une œuvre qui pèche par bien des carences et qui a le défaut d'avoir pu être ce qu'elle ne s'est jamais donnée la peine d'être faute de volonté. Il y a une idée, une direction à prendre, mais personne pour conduire sur la trajectoire ouverte. C'est un début de gâchis. Un début seulement car l'idée en sera restée au stade de la fausse-couche.

4/10 : C'est à partir de là qu'il faut s'intéresser à l'œuvre. Elle est incomplète, mais elle a réussi à frapper juste au moins une fois quelque part. Peut-être même longtemps. C'est alors un manga ou un anime qui a un mérite, l'exhibe, mais se repose trop dessus au point de négliger le reste et même, de gâcher son mérite unique à force de trop l'user. Mais ce mérite, parfois - pas toujours - vaut le coup d'œil. Un 4/10 de Josselin Bigaut, c'est une modeste incitation à la découverte, énoncée du bout des lèvres seulement.

5/10 : C'est le milieu. Le point de bascule, la frontière entre deux mondes. Le monde de celui qui a, et de celui qui n'a pas. Le 5/10, soit il a, mais à moitié seulement, soit il a, mais alors.. vraiment ! Mais ce qu'il a, il ne l'a plus au bout d'un moment. Le 5/10 est ce coup décisif et précis qui manque de force pour atteindre le cœur. C'est souvent une curiosité, quelque chose à part. Un prétexte à une saine expérience qui, compte tenu de la note, s'appréciera à moitié. Soit parce qu'elle ne peut pas mieux, soit parce que ses mérites sont aussi insignes que la déception y faisant contrepoids. Car un 5/10, ce peut être un gros gâchis. Un crève-cœur dont on se plaira toutefois à se remémorer pour ses bons moments.

6/10 : C'est bon. Mais ça a le défaut de n'être que bon. Ça suit une recette, ça la mène à terme... mais il manque toujours quelque chose. On sent qu'il s'en faudrait d'un ingrédient seulement pour vraiment lui donner une autre dimension. Mais non, c'est simplement bon. Objectivement bon. Mais pas assez pour valoir le saut qualitatif passant du 6 au 7. Car c'est là que commence à se jouer la différence entre ce qu'il est plaisant de lire ou à regarder et ce qui mérite effectivement d'être lu ou contemplé.

7/10 : À partir de là, on ne peut simplement pas contester les vertus de l'œuvre relevée par la critique. Des vertus méritoires et qui visent justes. Ce sont des œuvres originales sans être excentriques, des créations qui vont loin. Qui vont loin, mais qui ne vont pas jusqu'au bout. Comme une chevauchée sauvage endiablée et pleine d'impétuosité qui, pourtant, se retrouverait pusillanime au moment d'atteindre le point de non retour, ce cap qui pourrait non pas faire d'elle une œuvre de bonne facture, mais une œuvre à part. Le 7/10, finalement, c'est le dernier palier avant l'excellence.

8/10 : Ça marque, ça ébranle et ça ne laisse pas indifférent. Ça peut ne pas plaire à tout le monde, ça peut même être haï. Haï pour de bonnes raisons parfois. Mais d'une haine qui jaillit d'un même élan passionnel que peut suggérer l'amour. Un amour qui justifie le 8/10, c'est l'insigne de l'excellence. Excellence ici sujette à débat mais pour laquelle ma sensibilité m'aura naturellement incliné à la distinguer d'un 7/10. Il y a un plus. Il y en a même plusieurs. Et ils font du bien à l'âme quand on les lit ou qu'on les regarde.

9/10 : À ce stade, l'excellence n'est plus contestable. Elle peut être à la rigueur estimée à la baisse, mais en aucun cas niée. Un 9/10 c'est pas la perfection, mais ça en a l'allure. C'est le QUASI sans faute. Quasi supposant malheureusement que faute il y a. Minime souvent. Dérisoire et même difficilement observable à l'œil nu. Mais bien là. Un peu comme une infime tache de sale sur un linge d'un blanc immaculé. On ne la voit même pas cette tache tant elle est petite. Mais le simple fait de savoir qu'elle soit là - car elle existe - nuit à la perfection.

10/10 : Ce n'est plus la raison qui manœuvre alors la dictée de ma critique... mais la passion. La vraie. Celle qui fait mourir d'amour. La perfection n'est pas de ce monde, mais si elle l'était, elle serait une de ces œuvres devant laquelle s'est prosternée Josselin Bigaut.
Objectivement, subjectivement, il n'y a pas de reproche à faire. Et même si'l y en a... il n'y en a pas. Car la passion est chose magique qui altère suffisamment le discernement pour rendre certains faits dérangeants invisibles à l'œil nu. Et pour atteindre ce degré de passion, il faut alors que l'œuvre ait de solides, mais alors très solides arguments pour convaincre à ce point.

Répartition des notes

  1. 32
  2. 32
  3. 30
  4. 27
  5. 23
  6. 18
  7. 15
  8. 13
  9. 5
  10. 2

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Dernières critiques

7.5
Cristal Me(t)h

Une forme, même anodine, stimule l'imaginaire et lui suggère une idée y étant parfois associée. Un peu à la manière d'un test de Rorschach. L'encre, avec le test auquel je m'astreignais en ayant le courage de lire l'Ère des Cristaux, n'était cependant pas aussi étalée qu'elle l'est d'habitude. Les représentations graphiques y étaient alors plus distinctes. Mais du peu que j'appréhendais du... Lire l'avis à propos de L'Ère des Cristaux

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Josselin Bigaut ·
7.2
Pour quelques yens de plus....

Pour quelques yens de plus, le bon Tôru, non content d'avoir déjà enterré la licence qui l'a fait connaître à l'internationale, s'adonne cette fois à une exhumation de rigueur pour mieux violer le cadavre de la bête. Pour ce qu'il en reste, on va quand même pas en faire une histoire ? Eh bien si. On va même en faire une critique. Une suite, en fallait-il une lorsque... Lire la critique de GTO : Paradise Lost

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Josselin Bigaut ·
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