Petit bijou émouvant

Avis sur Justice League : Crise d'Identité

Avatar Romain Bouvet
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Ah Idendity Crisis ! Ou Crise d’Identité en Français. Que de souvenirs. Retour en arrière, nous sommes en septembre 2005 et je m’apprête à acheter et lire mon premier comics DC avec Batman et Superman 1 de chez Panini. Je ne connaissais rien à l’univers DC hormis les films Superman et Batman que j’adorais. Enfin, j’adorais surtout ces deux personnages. Et même sans rien connaître à cet univers j’ai été conquis par cette saga et depuis je n’ai plus lâché DC. C’est donc avec plaisir que je replonge dans cette formidable saga mais avec cette fois ci un peu plus de vécu et d’expérience sur l’univers DC.
Mais avant tout Crise d’Identité c’est quoi ? C’est l’assassinat de Sue Dibny, femme d’Extansiman, membre de la Justice League. Le Meurtrier a déjoué tous les protocoles de sécurité de la Ligue. L’enquête va alors bouleverser tout nos héros et mettre à jour un effroyable secret.
Déjà, rien que le résumé nous donne envie de plonger dans cette saga. Ce qu’il faut absolument faire si vous n’avez pas encore franchi le pas.
D’entrée nous sommes happés par la tragédie de ce comics. Extansiman est en patrouille, une fausse patrouille pour permettre à sa femme Sue d’organiser son anniversaire. Et alors qu’il parle avec Firehawk du fait de la dangerosité que son identité soit public il reçoit un affreux coup de téléphone où sa femme le supplie de l’aider. L’homme n’arrivera jamais à temps… Dès lors le décor est planté et l’on sait que nous allons être dans le drame tout au long de la saga au vue des terribles premières pages. Intensité dramatique exacerbée par l’énorme qualité des dessins de Rags Morales qui retranscrit avec un talent fou, l’inquiétude, puis, l’extrême tristesse de Ralph Dibny.
On assiste ensuite avec beaucoup d’émotion aux funérailles de Sue, et là encore, quel soucis du détail dans les dessins de Morales, chaque héros est là où il se doit d’être, chacun ressentant, vivant le drame à sa façon. C’est d’ailleurs un des points fort de cette saga. Tout au long de notre lecture on voit de quelles façons nos héros traversent cette tragédie. Bruce en s’isolant et enquêtant, Green Arrow en avouant à son fils ses sentiments, Atom en recollant avec son ex-femme ou encore, Robin en se confiant à son père.
Mais les drames vont s’enchaîner. L’ex-femme d’Atom manque de se faire pendre, à noter que voir Atom grandir au milieu des mailles de la corde pour la déchirer est super bien rendu, une grande scène. C’est ensuite au tour du père de Robin de nous quitter, assassiné par Captain Boomerang. Ce dernier y laissera également la vie. Là encore scène énorme et intense en émotions avec Robin en conversation téléphonique avec son père alors qu’il est en train de mourir. J’en ai eut la chair de poule et un vrai petit pincement au cœur tellement l’inquiétude et la détresse transparaissent sur le visage de Robin. Et que dire de la case où l’on voit Batman prendre Robin dans ses bras avec ce dernier nous glaçant le sang avec son regard emplie de chagrin.
On se rend compte à ce moment là que nos super-héros sont comme nous. En proie à la crainte, à la tristesse et à la terreur. Les voir se faire tabasser c’est « normal », ce sont les risques du métier mais voir leurs ennemis s’en prendre à leurs proches c’est quelque chose de terrible. Ils sont tout aussi fragiles et vulnérables que nous. Et ils ont surtout les mêmes points faibles. Cette saga nous les rend un peu plus humains.
Et encore davantage par le deuxième angle de cette saga. Le terrible secret que cachent Green Arrow, Zatanna, Flash (Barry Allen), Hawkman, Green Lantern et Black Canary. Un secret qu’on ne pouvait deviner, qu’on ne pouvait même pas imaginer. Par le passé Sue Dibny avait déjà été agressé. Par le docteur Light. Il avait réussi à pénétrer la Ligue et avait violé la femme d’Extansiman. Là encore, prouesse de Rags Morales, qui, sans montrer le viol réussi à nous mettre mal à l’aise. Grâce aux pouvoirs magiques de Zatanna, ils ont lobotomisé le cerveau du Docteur Light afin de lui faire oublier tout ça ainsi que leur identité ! Pire ils sont allé jusqu’à faire la même chose à Batman qui avait tout découvert.
Vérité dérangeante il faut bien l’avouer qui me pousse à un constat et une interrogation. En plus de ressentir les mêmes craintes et les mêmes tristesses que nous, nos héros sont aussi capable du pire pour se venger et se protéger comme n’importe lequel d’entre nous.
Et ensuite on peut s’interroger sur la dangerosité de ces héros. Ont-ils le droit d’agir de la sorte pour se protéger ? La limite est franchie selon moi. Ces actes, car ils l’ont refait, n’est pas pardonnable.
L’enquête va suivre son cours grâce à Batman, Doc Midnight et Mister Terrific. Et alors que tous s’attendait à un méchant, et plus particulièrement au Docteur Light pour Green Arrow et sa clique, on tombe des nus en apprenant la triste et sinistre vérité en découvrant que la personne derrière tout ça n’est autre que… Vous pensiez vraiment que j’allais vous le dire ? Il vous faudra lire Crise d’Identité pour le découvrir. Pour découvrir cette révélation bouleversante. Tant de drames pour tout ça, c’est juste incroyable !
Nous avons là je pense l’une des œuvres les plus magistrales de Rags Morales. Chacune de ses planches est criante de vérité. Et quel talent, quel génie pour nous retranscrire toutes ses émotions, on ne peut qu’être bouleversé au vue de ses magnifiques cases. Ajoutons à cela des couv de toutes beautés de Michael Turner, qui se fait trop rare à mon goût. Tout cela sert le magnifique récit de Brad Meltzer. Il nous livre ici l’un des plus beaux combats de la Ligue, non pas contre un ennemi, mais contre quelqu’un de bien pire.
Une fin tout aussi dramatique avec un Ralph Dibny complètement parti et qui discute avec sa femme disparue avant d’éteindre la lumière et ainsi clore cette saga.
L’édition d’Urban Comics nous offre en supplément la saga Mascarade, saga où la Société Secrète des Supers Vilains implante leur esprit dans Superman, Batman, Green Lantern, Zatanna et Wonder Woman. Bonne histoire de Gerry Conway et Dick Dillin qui souffre juste d’une fin un peu trop rapidement amenée et expédiée.
Ajoutons à cela pas mal de pages bonus avec les commentaires de Brad Meltzer et Rags Morales, ce qui nous donne une merveille d’édition.
Bref Justice League Crise d’Identité est un petit chef d’œuvre dans le scénario et le dessin. On en ressort bouleversé et avec l’idée que finalement ces super-héros, ces demi-dieux sont bien plus humains qu’ils veulent le paraître. Les dessins de Rags Morales sont juste incroyables et nous emmènent loin avec nos héros. A lire absolument.

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