La Villa sur la falaise par LeSuricateMag
Conçu par Benoît Sokal pour le dixième anniversaire de la collection «Ecritures» de Casterman, «La villa sur la falaise» est un livre anniversaire regroupant plusieurs auteurs à succès de la collection autour d’un pitch de base imaginé par Sokal lui-même.
En bord de mer, une tempête d’une rare violence a littéralement coupé en deux, une villa située sur un promontoire rocheux, exposant soudain à la curiosité de tous l’intimité d’une ancienne demeure familiale. La fille héritière, Charlotte Dorval, débarque avec son enfant pour régler les affaires courantes.Entre souvenirs et volonté d’en finir vite ...
La première partie est de Cati Baur. Elle imagine une variante assez simple d’une femme moderne déconnectée de cette vie côtière à la fin résolument optimiste.
Nate Powell, américain que l’on a découvert il y a peu dans «Le silence de nos amis» sur la lutte des droits civiques des afro-américains nous livre une oeuvre viscéralement paranoïaque, proche des thrillers américains.
La britannique, Hannah Berry («Britten et Associé») crée un récit où Charlotte Derval va se perdre totalement dans l’absurdité de l’administration et ses travers.
Saulne, français autodidacte influencé par le Japon accouche de quelques pages très informatiques et l’amour impossible de deux amis d’enfance qui n’ont malheureusement pas les mêmes vues sur leur avenir.
Isavel Kreitz, bdéiste allemande parle des séparations entre la fille devenue citadine et un peuple ancré dans son monde qu’elle a renié depuis longtemps.
Davide Reviati, né à Ravenne, exploite lui aussi l’option «amour impossible» entre celle qui est partie et l’amant resté au bercail.
Le japonais Taniguchi délaisse l’histoire originale pour s’intéresser à l’histoire d’une famille autour d’un phare difficile d’accès.
Fred Bernard, au dessin, de prime abord, au dessin difficile d’accès fourni une histoire sans dialogues sur une jeune femme qui a les souvenirs douloureux.
Gabrielle Piquet, remarqué dernièrement dans «Arnold et Rose», parle de la folie et des vieilles affaires de famille.
Takahama raconte lui les retrouvailles de Charlotte et son demi-frère après la disparition de leur père.
Encore une fois, nous voyons le grand défaut des collectifs est le manque de régularité dans la qualité des historiettes. L’ouvrage a de quoi, pourtant, nous faire passer un bon moment.
Loïc Smars