Partout quelque part, comme nulle part ailleurs

Avis sur Le Décalage - Julius Corentin Acquefacques, tome 6

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Cette bande dessinée peut, à mon avis, être séparée en deux parties, égales en qualité mais différentes en contenu.

Premièrement, la première, qui narre l'histoire des quatres protagonistes perdus dans le rien : un voyage étonnant, rythmé par la philosophie dont ils font preuve. Ainsi, les digressions des personnages s'amusent littéralement sur le sujet du rien, et les échanges verbaux oscillent entre réflexions intelligentes et jeux de mots ("Dans le rien, on est partout quelque part, comme nulle part ailleurs"). Ces dialogues s'enchainent sans temps mort ni lourdeurs, et les phylactères, même s'ils peuvent parfois exprimer des idées complexes, impressionnent par leur clareté. On pourra cependant reprocher une certaine monotomie dans l'action, mais n'est-ce point là l'effet recherché ?

La seconde partie, dont je tairai certaines caractéristiques pour éviter toute révélation fâcheuse, continue sur la lancée de la première, en repoussant le délire plus loin. Carrément plus loin. Je n'ai jamais été autant surpris en tournant une page qu'en lisant cette BD... L'auteur détourne sa réflexion sur le médium de la bande dessinée et les liens qu'il tisse envers le lecteur. Le fond est magnifiquement soutenu par la forme, c'est-à-dire que les pensées des protagonistes sont reprises par le dessin, et le tout est cohérent et intelligent.

C'est le premier tome de Julius Corentin Acquefacques que je lis, et désormais, je n'ai qu'une envie : dévorer les autres. La preuve que les BD de l'OuBaPo sont bien plus que des exercices de style...

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