Une bousculade un peu timide

Avis sur Le Jour où ça bascule

Avatar Stephane Gallais
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Le jour où ça bascule avait tout du titre outsider, celui qu'on n'attendait pas et qui aurait pu nous réserver la dernière belle surprise de l'année.
Le projet était surprenant, surprenant de par l'ampleur des auteurs concernés et surprenant de le voir mis en place par une boîte d'édition qui est un peu en perdition depuis plusieurs années maintenant.

Soyons honnête, quand la liste des auteurs est tombée, on s'est tous mis à baver et personnellement, je n'ai franchement pas hésiter en l'achetant surtout que l'album commence avec l'histoire de Tayiou Matsumoto qui fait parti ( des rares ) réussites de l'album.
Et pourtant, presque inévitablement, l'ensemble déçoit.
Inévitable car quand on y réfléchit, la multiplicité des auteurs ( et des univers abordés par ceux-ci ) et le choix de récits plus ou moins courts (à peine 3 pages pour Peeters) ne pouvaient qu'amener à un résultat hétérogène non structuré.

Et c'est là que le bas blesse car si graphiquement , la plupart des auteurs sont impressionnants ( on a certes un Peeters en petite forme mais on a aussi un Cassaday qui n'a pas été aussi inspiré depuis bien longtemps), c'est au niveau des histoires que l'inégalité se ressent vraiment.
Les rares réussites (Matsumoto, Lepage et Koike) sont noyés par des récits au mieux moyens ( Kaneko, Fingerman, Vives, Terada ) , anecdotiques ( Cassaday, Pope, Boulet, Peeters ) voire carrément ratés ( Urasawa, Campbell ).
Et là aussi les raisons sont multiples : manque d'investissement ( Peeters), manque d'inspiration ( Urasawa ), un sujet pas vraiment traité (Pope) et des auteurs qu'on aime un peu moins (Campbell)

Peut être manque t'il un peu de coordination dans tout ça.
Par exemple, un liant entre les histoires auraient empêché les auteurs de partir un peu n'importe ou et auraient offert un peu de cohérence à un ouvrage qui en manque cruellement.

Donc oui, le projet est raté.
Et pourtant, dans son ratage, je trouve qu'il y a des choses intéressantes.
J'ai admiré la prose de Matsumoto, l'explosion créatrice de Koike, j'ai découvert Fingerman pour la première fois, je me suis dis que les 2 histoires de Pope et Peeters auraient fait de parfaits prologues à une aventure plus longue et je le répète, graphiquement, j'ai pris mon pied.

En somme, si le projet avait tout pour être alléchant, il faut bien admettre qu'il n’intéressera que les fans absolus de ces auteurs.
Malgré tout, il y avait un tel potentiel qu'on ne peut que regretter d'avoir seulement eu une suite d'histoire plus ou moins inspirée sur un thème au fond assez basique.

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