Un recueil de quatre récits. Le premier me plait bien, tant par les dessins, le style sobre, le mystère entretenu, que par la chute, amusante. Il faut dire que les deux curieux sont bien pénibles.
La deuxième histoire, je ne l’ai pas comprise, même si elle évoque la figure d’Ophélie, comme le titre l’indique. Apparemment, l’auteur s’est fait un plaisir de dessiner la femme nue, dans toutes les positions si j’ose dire (une soixantaine de dessins d’elle, j’ai compté, certains particulièrement explicites), mais je n’ai rien compris à ce qui se trame avec cette sorte d’aile d’avion qui l’amène dans le ciel et les tourbillons de l’imaginaire. Ca m’a laissé dubitatif.
Ensuite, Le courseur, dans un style très différent, ne m’a pas vraiment emballé, si ce n’est que cette sorte de super héros, qui passe son temps à courir, très vite, est conscient de son utilité, de sa remarquable mission, sa performance justifiant tout, notamment son rôle « de montrer à l’homme qu’il évolue dans des limites sans cesse transgressables » ! Sauf que face à l’homme, il y a la machine, qui est plus performante, alimentant une course à la performance qui ne peut être gagnée par le courseur, qui finira par se détruire. Ce qu’il y a d’intéressant dans ce récit, en dépit de sa longueur, c’est le style. On a là un chouette dessinateur, avec un gros potentiel, même si la narration est encore hésitante.
Le dernier récit est sympa, « qu’est Dieu ? », il plaira surtout aux athées, puisque le personnage principal, de façon plutôt convaincante, finit par conclure que puisque l’homme est con, Dieu est con, avant de terminer sur l‘impénétrabilité des voies du seigneur.
Bref, l’ensemble est disparate, inégal, insuffisamment maîtrisé, mais il faut reconnaître qu’il y a chez Vincent Hardy un réel talent, surtout de dessinateur, qui aurait mérité d’être davantage accompagné.