Première grande aventure d’un personnage et de ses amis né sur un blog aujourd’hui fermé, recommandé par un site web qui n’existe plus, Pedro & Co est donc un fantôme d’une autre époque.
En dépit de sa couverture qui reprend la charte graphique des jaquettes des premiers jeux Megadrive et des visuels pixelisés à l’arrière (mais qui ne seront pas repris et intégrés comme a pu le faire Jibé et ses Basse Def), l’album n’est pas une histoire de geeks pour les geeks comme il en existe tant depuis que les éditeurs ont trouvé en eux de nouvelles vaches à lait.
Il reprend certes une trame bien connue des amateurs, de celle d’une expédition vers une convention de comics, mangas et jeux vidéo, le Cominerd, mais ne la truffe pas de clins d’oeils lourdauds à ces cultures populaires. Il l’utilise pour un road movie déjanté où les trois personnages, Pedro, Douglas et Murphy vont rencontrer une belle brochette de cinglés dont des boulangers psychopathes ou des ours bikers.
Le dessin n’est pas sans évoquer celui de Bryan Lee O’Malley pour son Scott Pilgrim, avec ses personnages aux angles schématiques, ses expressions exagérées et un certain découpage. Le petit format et le noir et blanc poussent aussi la comparaison dans ce sens.
Avec une énergie et une loufoquerie proche d’animés du Club Do (Un Collège fou, fou, fou ou Ranma 1/2) l’histoire de Jul et Fry (qui n’ont apparemment pas fait d’autres BD, en tout cas avec ces noms, Jul s'étant concentré sur le jeu vidéo) aligne situations absurdes et propos déjantés. Cela n’a pas pour d’ambitions que de se marrer un petit coup, et l’album réussit son petit pari, même si c’est un peu court et qu’un peu de rab’ n’aurait pas été de refus.