La salsa du démon

Avis sur Pourfendeurs de démons - Donjon Crépuscule, tome...

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Des créatures possédées, un démon très très (très) méchant et ... du sexe transpiritique.

Pourfendeurs de démons marque un tournant important dans la sous-série Donjon Crépuscule puisqu’il inaugure un second cycle d’aventures de cette branche du Donjon. En effet, les albums Haut-Septentrion (DC110) et La fin du Donjon (DC111), parus en 2014, bouclaient, non pas la série comme initialement annoncé, mais un premier cycle d’aventures démarré en 1999 dans Le cimetière des dragons (DC101), qu’on pourrait baptiser « le cycle Entité Noire », et qui voyait les héros de cette branche du Donjon lutter contre les sombres desseins de cette engeance maléfique, pour finalement triompher. Pourfendeurs de démons prend lui une nouvelle direction par rapport aux précédents Donjon Crépuscule en centrant l’intrigue autour de l’invasion de la planète Terra Amata par des démons, faisant ainsi le lien avec la sous-série Donjon Antipodes + et l’album Rubéus Khan (DA+10 000), où cette thématique se situe au cœur des enjeux. Sfar et Trondheim continuent donc de tisser des liens de plus en plus solides entre tous les albums de toutes les sous-séries Donjon et prouvent qu’ils maîtrisent totalement leur univers, qui paraît plus cohérent que jamais. Bref, tous les « donjonmaniaques » peuvent être rassurés : les auteurs savent où ils vont !

Le début de l’album est pourtant un peu poussif ; l’intrigue est assez confuse, on ne sait pas trop bien où l’on va et on ne comprend pas trop pourquoi Marvin Rouge se fait agresser constamment de la sorte. D’autant que l’ambiance un peu « manga » des premières pages (avec des bagarres à tout bout de champ et plein de personnages et de décors évoquant la Chine traditionnelle) est un peu surprenante et colle moyennement à l’univers Donjon. Mais à mi-album quand l’identité du démon est dévoilée, tout s’enchaîne super bien : l’intrigue s’éclaircit, en avançant rapidement et efficacement ; on retrouve l’ambiance post-apocalyptique typique de Donjon Crépuscule, les personnages reviennent au sommet de leur forme (avec une Zakûtu enfin exploitée à sa juste valeur et un Marvin Rouge toujours aussi hilarant de crétinerie et d’irresponsabilité) et on fait le lien avec de nombreux autres albums de la série.

Car cet album est essentiel pour le background du Donjon et la compréhension de certains événements de la série. On découvre notamment l’origine du cratère par où les démons des profondeurs vont désormais surgir pour conquérir la planète à l’époque Donjon Antipodes + (merci le Roi-Poussière !) et on apprend que le démon réveillé par erreur par Marvin dans Hors des remparts (DZ7) n’était en réalité pas l’Entité Noire ! Sans parler de tous les nombreux petits détails et clins d’œil à d’autres épisodes de la série disséminés par-ci par-là qui régaleront les fans.

Au niveau du dessin, Pourfendeurs de démons marque le retour d’Obion dans la série Donjon Crépuscule, après une première participation en 2009 avec l’album Révolutions (DC106). Le bon côté de la chose, c’est que la sous-série Donjon Crépuscule garde ainsi une certaine unité graphique et une certaine cohérence. D’autant que le dessin d’Obion sur cet album est très chouette, avec un trait tout en rondeur, plus fin et moins « baveux » que ce qu’il avait proposé jadis sur Révolutions (DC106), bien que ce ne soit pas le trait le plus original ou le plus spectaculaire de la série. L’ensemble est globalement plaisant mais ne sort pas du lot des divers styles graphiques proposés par les différents dessinateurs Donjon, maintenant bien nombreux.

Quoiqu’il en soit, Pourfendeurs de démons maintient la branche Donjon Crépuscule sur de bons rails et c’est un vrai plaisir. Les albums suivant s’annoncent passionnants.

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