Un bonheur refusé

Avis sur Saga, tome 5

Avatar Romain Bouvet
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Eisner Award de la meilleure série en 2013, 2014 et 2015 ! Ce n’est pas anodin cet avalanche de prix, et c’est plus que mérité ! Saga est un comics dont on devient accroc. Une fois plongé dedans, il nous faut notre dose régulière sous peine de tomber dans la folie, de ne plus pouvoir dormir, d’en venir aux mains avec nos proches devenus trop irritables durant une période de manque, d’attente.
La force du récit de Brian K. Vaughan, plus que l’univers passionnant (et passionné) et si riche qu’il nous propose, c’est la qualité, la richesse, l’empathie qui se dégage de ses personnages. Ce sont plus que des personnages de comics, on se rend compte, à des moments différents selon le lecteur, que l’on s’attache à eux, qu’on vibre pour eux, preuve indéniable de la qualité du récit, de l’histoire qui nous est proposé de vivre ici.

Dengo, homme de ménage avide de vengeance, cherche par tous les moyens à attirer l’attention des puissants du Royaume. Quoi de plus efficace, dans ce cas, que de kidnapper le nouveau-né princier et de prendre en otage l’enfant née de l’amour interdit d’un cornu et d’une ailée ? Tandis que Gwendoline et Sophie partent en quête d’un remède capable de guérir les blessures du Testament, Marko et le Robot-Prince se lancent à la poursuite du dangereux criminel.
(Contient les épisodes #25 à 30)

C’est un peu dans un chaos général que nous avions abandonné tous nos personnages. Marko, après avoir levé la main sur Alana, n’habitait plus avec eux et n’a pu donc empêcher leur enlèvement par Dengo ! Un homme-télé, avide de vengeance, qui venait alors de tuer la femme de Robot-Prince et de s’emparer de son bébé, également en son absence. Les deux hommes, que tout oppose, prenaient alors la décision de retrouver leurs proches et prendre leur vengeance ensemble.
A côté de cela, nous suivons également Gwendoline, l’ex hyper dangereuse de Marko, et la petite Sophie, tout faire pour trouver un moyen de sauver le Testament, accompagnées de sa sœur.

Ces dernières vivent d’ailleurs une aventure assez… incroyable, il n’y a pas d’autre mot, puisque le seul remède pour sauver Testament s’avère être la « semence » d’un dragon mâle ! Les trois héroïnes vont vivre un voyage pour le moins déroutant, et le dessin de Fiona Staples lorsqu’elles découvrent le dragon va me marquer à vie je pense, tout comme leur première tentative de récupération du précieux liquide sur une femelle…

Mais le cœur de l’aventure, de l’histoire, c’est bel et bien les tragiques événements que vivent Alana, Marko et la petite Hazel. Cette petite dernière peut se vanter d’avoir déjà vécu son lot d’aventures extraordinaires, en si peu de temps. Si la cohabitation entre Marko et Robot-Prince est un peu chaotique, ils peuvent compter sur le mignon petit Ghüs et l’effrayante Yuma pour arrondir les angles. Cette dernière va d’ailleurs, à partir d’une expérience inédite pour Marko, lui faire prendre conscience de certaines choses et nous permettre, à nous lecteur, de plonger, un peu, dans son passé.

La plus empêtrée dans les ennuis pour le moment, c’est bien Alana. La jolie, mais vulgaire (mais qu’est ce que cela lui va bien) ailée, va en effet continuer de tomber de Charybde en Scylla. En effet, Dengo est bien décidé à se débarrasser de sa fille en l’offrant à la Révolution. Si le kidnappeur ne semble pas être au fait des méthodes de ce groupe, ce n’est pas le cas d’Alana, qui réalise que sa petite puce est encore davantage en danger ! Surtout qu’une véritable boucherie se prépare…

Encore une fois, Brian K. Vaughan, à travers des scènes chocs (vive le talent de Fiona Staples), des personnages empiriques mais tellement riches, fascinants, et une intrigue si prenante, vise juste une fois de plus. Et rajoutons à cela la narration de la petite Hazel, c’est elle qui nous raconte l’histoire de ses parents, son histoire au fil de ses jeunes années, et cela rajoute encore au lien empathique que nous tissons avec les personnages. Comment ne pas avoir la gorge serrée, alors qu’en plein cœur de l’action, que Marko se démène comme un beau diable pour sauver sa famille, lire Hazel nous expliquant que son père et elle ne se reverraient pas avant plusieurs années. Difficile de réaliser que tous ces événements n’aboutiront pas au résultat escompté !

Bref, encore une fois ce tome est bien trop court, on aimerait que cela ne s’arrête jamais. On tient tellement à revoir toute cette famille réunit et vivre dans le bonheur le plus total. Mais ce bonheur leur est pour le moment refusé, et pire, ce sont des années de vie ensemble que l’on leur retire, et ces années ne pourront jamais être remplacées…

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