Les hommages Millariens

Avis sur Starlight

Avatar Stephane Gallais
Critique publiée par le

Je ne le cache pas, pendant très longtemps , j'ai détesté la plupart de la production de Mark Millar.
Si comme beaucoup, je fus impressionné par sa prestation sur Authority ou Civil War , le reste était beaucoup plus sujet à critique. (au final , à partir de Old Man Logan, ça commence à puer)
Entre violence gratuite , punchlines systématiques et idées foireuses ou mal exploitées , Millar jouait de sa popularité pour se couler dans une facilité de plus en plus confondante ( le summum étant toute la saga des Kick Ass )

Et pourtant , il semblerait que dernièrement il se soit ressaisit un peu comme Garth Ennis sur ses derniers travaux.
On croirait presque, qu'avec le temps , il se soit "assagit" ou en tout cas , il use de son cynisme avec une plus grande intelligence et des récits comme Jupiter's Legacy ou MPH ont démontré qu'il pouvait écrire des histoires sans forcement faire le malin avec des dialogues masquant la médiocrité de ses intrigues.

Starlight est loin d'être parfait.
L'histoire met du temps à démarrer, elle reste somme toute assez classique et se conclut un peu rapidement.
C'est un défaut récurent chez l'auteur britannique : une difficulté à gérer la dynamique de son récit.
Pourtant , hormis un chapitre 2 assez vide , les autres sont plutôt solides à l'image du chapitre 1 qui se concentre totalement sur son personnage principal, sa vie de héros passée, son amour perdu et la relation difficile qu'il entretient avec ses fils.
Et une nouvelle fois, ça m'étonne de l'écrire ici mais Millar a réussi à rendre Duke McQueen véritablement attachant tout en conservant un côté très archétypal au personnage.
L'autre point fort qui est aussi une spécialité du Monsieur, c'est cette atmosphère emprunt de nostalgie pour les récits d'aventure en tout genre..
On a le droit à de nombreux clin d’œils, certains évidents (Flash Gordon), certains amusants (les casques Goldorak) et d'autres étonnants ( un personnage au look de John Difool et un dessin en hommage constant à l'univers de Moebius )
D'ailleurs graphiquement, le travail de Goran Parlov (qui , ici, se réinvente presque pour se mettre au service du récit) est juste bluffant.
On pourrait crier au mimétisme mais on retrouve par-ci, par-là, la touche Parlov notamment sur les premiers chapitres où l'encrage est un peu plus poussé.
Alors oui, c'est vrai qu'il y a en a un peu marre de cette mode nostalgique (quoique , j'ai adoré Strangers Things donc .. ) mais pour le coup, ici, il n'y a aucun effet de marketting.
ça a toujours fait partie de l'adn de Millar qui avant d'être un scénariste est un fan absolu de comics en tout genre , une sorte de geek ultime ce qui fait ses qualités et ses défauts.

***Starlight n'est certainement pas le récit de l'année.
Il n'est pas non plus celui que je conseillerais en priorité mais malgré tout, il y a quelque chose de vraiment attachant dans ce comics.
Que ça soit à travers la figure attachante de Duke McQueen ou la nostalgie sans "fuck à tout va" distillé par Mark Millar, il faut avouer qu'on a envie d'aimer ce comics et que si on se laisse aller , il nous le rendra bien .
Et une nouvelle fois, mention spécial à Goran Parlov , ce qui prouve ( et ça non plus , ce n'est pas nouveau ) que Millar a toujours su s'entourer de gens talentueux.*

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