Sur la piste est un ouvrage étrange, dont les contours de l'interprétation sont aussi difficiles à saisir que les traits des dessins sont clairs et limpides.
En somme, suivre les protagonistes d'une course improbable emmenera le lecteur dans un monde onirique (on pense à l'Odyssée d'Homère) et parfois (souvent ?) incompréhensible.
Rassurez vous : point de drame à la manière de Marche ou crève de Stephen King. On est plus proche du "non sens"de la Horde du contrevent de Damasio.
Ainsi, les épreuves, les aléas ou les aboutissements finaux de l'intrigue ne nous livrent guère de clés pour identifier la signification globale de l'oeuvre de Henry McCausland.
On peut même prendre le pari qu'il y a autant d'enseignements que de héros et d'aventures individuelles.
Une autre particularité de l'ouvrage est sans nul doute ses dessins en fil de fer.
Certes, les graphismes en noir et blanc semblent sommaires.
Mais ils fourmillent de détails lorsque les cases s'agrandissent et nous proprosent des panoramas en double page.
La BD reprend à sa manière un Où est Charlie ?. Dans ces intermèdes, le lecteur devient aussi perdu que semblent l'être les concurrents de la course.
Au final, l'ouvrage laisse un goût impérissable de frustration (je n'ai rien compris) et de foisonnement (un monde invraisemblable).
Alors au petit jeu des interprétations, je fais l'hypothèse que le sens de la BD se cache derrière ce fil, celui qui dessine le contour des personnages et qui les lient les uns aux autres à travers un réseau d'entraide. Comme pour mieux représenter que la vie, absurde et fragile, ne tient qu'à un fil.