Tapioca finit en gruau.

Avis sur Tintin et les Picaros - Les Aventures de Tintin,...

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Ce 23ème album de Tintin reflète la maturité d'Hergé en matière de graphisme et de scénario.

Les traits sont nets, posés et les dessins parfaitement lisibles. Le découpage est efficace et le tout se regarde avec plaisir.
Quant au niveau de la narration, Hergé sait à présent susciter l'intérêt de son lecteur de bout en bout, que ce soit par des plaisanteries qui émaillent le récit que par certains rebondissements plus ou moins attendus. On trouve assez peu de temps morts dans cette histoire.

En outre, Hergé réactive, comme il le fait régulièrement depuis plusieurs albums, des personnages venus d'anciens opus. C'est ainsi qu'outre la Castafiore, on retrouvera Lampion, Alcazar, Sponsz et quelques autres seconds couteaux. Tout se beau monde se mélange dans un véritable festival d'interactions plus ou moins crédibles.

C'est qu'il nous en fait voir du pays avec un mélange hétéroclite de divers contrées d’Amérique du sud mixées de façon à créer cette nation fictive, le San Theodoros. On y retrouve les indigènes du Brésil, le carnaval de Rio, les pyramides Aztèques, les dictatures comme au Chili et les guérilleros qui défendent leurs idéaux. Cet album s'avère éminemment politique avec une critique de ces sociétés dictatoriales, le non respect des droit des indigènes et l'alcoolisme rampant (entre autres nuisances des sociétés occidentales), l'immixtion de grandes sociétés capitalistes dans les affaires des gouvernements sud-américains, le tourisme de masse avec ses appareils photo et son décalage surréaliste.
Le tout demeure d'une étonnante actualité, même si certains progrès (timides) ont un lieu, en particulier au niveau de la démocratie. Mais il a fallu du temps et en passer par des coups d'états qui, comme le montre subtilement Hergé dans son avant-dernière case, n'ont fait qu'imposer un libérateur dictateur à son prédécesseur et ne changent rien sur le fond (on y voit toujours les favelas).

Un album mature qui, en dépit de quelques maladresses, nous régale de gags pourtant 1000 fois répétés dans les précédents albums et nous offre une vision plus politique de l'Amérique du sud et une version assombrie du monde de Tintin.

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