A qui profite l’exil ? Le business des frontières fermées, Taina Tervonen, Jeff Pourquié, La revue dessinée, Delcourt
Taina Tervonen, autrice, journaliste, documentariste enquête sur l’exil et particulièrement celui qui passe par la Méditerranée ou tant de gens sont morts en tentant de la traverser pour fuir la guerre, la famine ou d’autres événements. Jeff Pourquié dessine ces reportages.
Ce qui est flagrant dès le départ, c’est qu’aucun candidat à l’exil ne le fait pour le plaisir. Les conditions qu’elles soient pécuniaires ou humaines dissuaderaient quiconque n’aurait pas de bonnes raisons : risque de prison si l’on se fait arrêter, risque de mort notamment dans la Méditerranée, nombreux viols et exactions en tout genre.
Ce qui devient révoltant c’est tout l’argent qui est mis par l’Europe pour dissuader les arrivées de migrants. Le fonds fiduciaire censé aider au développement sert en partie à contrôler. L’on sait aussi que, par exemple au Sénégal, si beaucoup d’hommes veulent venir en Europe, c’est parce qu’ils ne peuvent plus vivre de la pêche comme le faisaient leurs pères et grands-pères, puisque des bateaux-usines chinois, turcs et européens raclent les fonds et sur-pêchent appauvrissant la région et les habitants.
Donc, si je résume, nous créons la pauvreté en sur-pêchant, en exploitant les ressources de différents pays africains, en créant toutes les conditions des conflits et nous préférons voir les gens mourir chez eux plutôt que de les accepter chez nous. C’est d’un cynisme incroyable et d’une inhumanité folle.
Encore une fois, La revue dessinée -associée à Delcourt- met à la portée de tous des reportages forts et instructifs. C’est beaucoup plus accessible que longs articles. Un numéro hors série indispensable pour qui veut pouvoir parler de ce sujet oh combien sensible.