Le décès d’un proche nous entraîne souvent dans des quêtes existentielles. Lucile vient de perdre son père. Afin que ce dernier ne se sente pas seul, lui qui l’a souvent été ces dernières années, elle dépose une photo d’elle, enfant, dans le cercueil.
Bien malin ! Il va lui falloir maintenant essayer de ressusciter cette petite fille et, pour cela, se lancer dans un voyage introspectif jonché de secrets de famille, de blessures enfouies et de photos jaunies. Ce récit autobiographique nous plonge au cœur d’un questionnement universel : qui sommes-nous, d’où venons-nous et qu’est ce que nos parents, notre famille, nous apportent, comment sommes-nous construits ?
Des dessins presque fantomatiques, des visages absents qui se révèlent petit à petit, une aquarelle douce et souvent monochrome apportent au récit souplesse, subtilité, et lui conservent une part de mystère. Cette sorte d’évanescence s’égrène au fil des pages.
On se prend d’amitié pour ce personnage hésitant mais déterminé. L’abîme de la disparition plonge Lucile dans un autre abîme celui de l’incompréhension. L’envie et la nécessité de remonter à la lumière la pousse à faire ce voyage introspectif et familial qui révèle des troubles profonds : l’alcool, la dépression, les infidélités. Les apparences sont souvent trompeuses et cachent des non-dits qui, lorsqu’ils sont révélés, permettent de grandir, de donner un sens à sa vie.
Vous aurez entre les mains un très bel album, un bouquet de pétales de roses bleues, comme la promesse d’une caresse…