Après un premier tome qui servait surtout d’introduction solide, ce second volume confirme tout le potentiel de la série Absolute. Et clairement, on est dans la démesure totale. Batman est démesuré. Bane est démesuré. Les scènes d’action sont parfois complètement exagérées… mais ça fonctionne à 100 %. C’est brutal, intense, spectaculaire.
Côté scénario, Scott Snyder continue de poser ses pièces avec intelligence. Son Batman est ultra violent, presque dérangeant par moments, et le sort réservé aux proches de Bruce Wayne est particulièrement intéressant. On sait déjà que certains sont destinés à devenir de futurs antagonistes, et c’est super bien amené.
La construction narrative est également très efficace : on navigue entre passé et présent, avec un parallèle constant entre ce que Batman vit aujourd’hui et ce qu’il a traversé auparavant. Ça donne de l’épaisseur au personnage et ça renforce l’impact émotionnel. Même s’il faut reconnaître qu’il y a parfois quelques facilités scénaristiques, l’ensemble reste parfaitement maîtrisé.
Graphiquement, ça fonctionne très bien aussi. Le trait de Nick Dragotta peut parfois me laisser un peu perplexe, mais il apporte une vraie identité à la série. Mention spéciale à l’annual dessiné par Daniel Warren Johnson : là, on en prend plein les yeux. C’est nerveux, puissant, impressionnant.
Le seul point négatif qui me gêne vraiment : on est dans un récit bourré de violence et de sang, mais les insultes sont censurées. Franchement, ça donne une impression d’hypocrisie totale. On assume l’ultra-violence graphique, mais pas les mots ? C’est un peu incohérent.
En résumé, un tome 2 qui confirme que Absolute Batman est une relecture radicale, excessive, mais terriblement efficace du Chevalier Noir. Vivement la suite.