Comme toujours dans cette saga, les dessins à l’aquarelle sont virtuoses, bourrés de détails très agréables à fouiller. Mais contrairement à la plupart des autres tomes, l’intrigue est beaucoup plus aboutie, avec des rebondissements saisissants.
Le protagoniste, qui était excessivement romanesque et caricatural dans le précédent opus, reste un héro de film noir un peu cliché mais gagne ici en profondeur. On peut cependant s’étonner de ce Blacksad qui, malgré son côté cynique et désabusé, fait tout de même preuve de naïveté, en déclarant sans ironie « Que je sache, la justice est aveugle. Elle ne distingue pas les couleurs. ». Mais malgré ce détail, il reste intelligent et charismatique.
Les personnages secondaires sont eux aussi travaillés, pleins de caractère. Même Weekly, bien qu’un brin agaçant, a le mérite d’insuffler un vent comique qui contrebalance la gravité des situations, rendant l’ensemble moins lourd à digérer.