Chronique complète : https://motstordusetbullescarrees.blogspot.com/2022/07/asadora-naoki-urasawa.html
J'ai déjà mentionné toute l'admiration que je porte à Naoki Urasawaet à ses mangas mais il faut bien avouer que ces dernières séries m'avaient laissé un petit goût amer.
Graphiquement, rien à redire. C'est toujours aussi impeccable : un trait fin et détaillé, des visages reconnaissables immédiatement mais surtout une véritable maitrise de la mise en page et un sens inné du rythme. Malgré tout, la double page d'introduction fait craindre la redondance avec une scène qui nous évoque fatalement 20th centuryboys.
Heureusement, Asadora! ne s'arrête pas aux liens évidents que n'importe quel lecteur ferait avec les oeuvres précédentes du mangaka. La comparaison entre Kenji et Asa n'est d'ailleurs pas anodine. Si Kenji est l'image quasi parfaite du héros,la fillette est avant tout une enfant (puis une adolescente) et, si sa personnalité est marquée par un caractère bien trempé, elle n'en reste pas moins une jeune fille avec des envies typiques de son âge.En ça, Asadora! a quelque chose de plus terre à terre.
L'auteur se penche sur la destinée de la jeune fille pour mieux nous raconter l'évolution du Japon à partir des années 50.
Naoki Urasawa est né en 1960 et une certaine nostalgie transparait dans les écrits de l'auteur.Avec Asadora!, il assume cet aspect en appuyant son récit sur des grands moments de l'histoire du Japon et, encore une fois, les jeux Olympiques y ont une place centrale. D'ailleurs, si Asa reste le personnage principal, Shôta, meilleur ami de la jeune fille, semble plus connecté à cette "réalité". Son évolution est sans doute la plus intéressante à suivre et reflète d'une certaine façon la carrière passée de son auteur, consacrée au manga de sport.
Si on retrouve tous les marqueurs du mangaka, on est étonné de le voir adopter une structure plus linéaire. Si on y perd, peut être, en complexité, on y gagne en fluidité.