Dès les premiers chapitres, Badducks nous embarque. Morgan, endetté jusqu’à l’os par une mafia implacable, se retrouve forcé de tout abandonner. On lui implante des organes, on efface son nom. Lisa, une femme traquée pour ce qu’elle est, lui propose une échappatoire. Ils fuient ensemble et avec eux, un bébé silencieux, inattendu, qu’ils vont traîner dans leur cavale comme un rappel constant qu’on peut encore choisir de protéger quelque chose.
J’ai adoré cette histoire. Tout fonctionne : le contexte SF dur, presque brutal, les dialogues secs mais justes, les personnages qui ne s’excusent jamais d’être ce qu’ils sont. Le lien entre Morgan et Lisa se construit dans le regard, dans l’épuisement, dans les choix qu’on fait quand on n’a plus rien. Et c’est pour ça qu’on s’attache très vite à eux.
Le rythme est impeccable. Chaque scène compte. L’évolution du trio m’a vraiment happée et le tome 3 en particulier m’a laissée scotchée. Les tensions montent, les vérités tombent et ça marque. En seulement quatre tomes, la série trouve le temps d’être dense, complète, parfois drôle, souvent touchante.
Graphiquement, c’est un plaisir : les expressions sont précises, les corps parlent, les décors sont riches sans en faire trop. C’est vivant, tendu, maîtrisé. Badducks, c’est un road trip étrange et viscéral, entre fuite, silence, et moments de grâce. Et franchement, des récits aussi forts en si peu de tomes, j’en veux plus.
Une série courte, nerveuse, émotive et pleine de relief.