1985, dans un New York marqué par de mystérieux suicides, évolue Ash Lynx, un adolescent chef de gang. Un soir, un homme abattu par ses sbires lui remet une mystérieuse substance tout en prononçant Banana Fish . Cette expression singulière est la seule prononcée par son frère aîné, devenu mutique depuis qu’il est revenu traumatisé de la guerre du Vietnam douze ans plus tôt…
Réédité suite au succès de la série animée éponyme, ce manga écrit et dessiné entre les années 1980 et 1990 a tout de l’esthétique des titres de l’époque. En effet, les traits des personnages n’est pas sans rappeler, dans une moindre mesure, ceux d’Otomo, Hojo voir Shirow.
L’intrigue de ce polar est super efficace, avec cette expression singulière prononcée qui va en être le nœud et le moteur. Ce mystère va tenir tout le récit comme indice de base et le secret détenu par le héros va l’entraîner, lui et ses proches, dans de dangereuses péripéties. D’ailleurs, Ash Lynx, le personnage principal, est l’autre grand atout de ce manga, tout à la fois charismatique et séduisant, perspicace et téméraire. Il incarne une véritable figure badass, malgré son jeune âge, dans un cadre qui rappelle les films des années 1980 (polars urbains, Rusty James, Warriors…).
Ajoutons que, dans cet univers à 99 % masculin, tout ce qui a attrait à la sexualité est suggéré, notamment avec cette homosexualité latente entre les personnages, mais également les violences sexuelles qui ne sont pas montrés, au contraire des combats qui émaillent le récit.
Bien que Banana Fish soit une réédition, il reste un polar pêchu et mature qui plaira à un public plus adulte.