- Nous allons voler une banque
- Braquer une banque ?
- Non, voler une banque
Tout est dit dans ce dialogue surréaliste. Il suffit d’une banque en travaux, transférée temporairement dans un mobile home pour qu’une équipe de bras cassés décide de poser un chassis et des roues sous ce dernier et de l’accrocher à un semi-remorque. Une fois la banque “volée”, il ne restera plus qu’à forcer le coffre. Sur le papier, un coup limpide. Dans les faits, une opération qui va tourner à la catastrophe.
Voulant mettre en scène un pendant moins sérieux à son charismatique gangster Parker, Donald Westlake a imaginé à la fin des années 60 le personnage de Dortmunder, un braqueur rigoureux et perfectionniste frappé de plein fouet par la poisse. Pas vraiment un Pied Nickelé mais plutôt un pauvre gars malchanceux que la déveine empêche de mener ses plans à bien. Cette adaptation du roman Bank Shot est un vrai délice. Protagonistes savoureux, dialogues hilarants, humour de situation, rythme parfait et ambiance rétro impeccablement retranscrite, il n’y a aucune fausse note du début à la fin. Un régal donc, j’ai vraiment passé un excellent moment avec ses braqueurs hauts en couleur.