Entre 8 et 9 pour la note.
Un album relativement court (90 pages) vraiment bien mené avec un graphisme souvent saisissante et des couleurs sublimes.
L'histoire d'un jeune homme envoyé au début du xxe dans le trou du cul du monde en Amérique du sud pour reprendre la gestion d'une entreprise minière. Il part avec sa femme mais rapidement les soucis commencent: l'entreprise vient de faire faillite et personne n'est là pour l'accueillir ou le payer, ses collaborateurs en France le lâche aussi. Sans le sou et orgueilleux, il refuse de demander de l'aide à ses proches et doit se débrouiller avec sa femme dans une ville coloniale brutale.
La narration est fluide, juste et les évènements senchaine naturellement. On assiste alors à la dégradation du couple et à la descente aux enfers du héros qui quitte petit à petit sa morale petite bourgeoise pour boire, se rapprocher du peuple noir alors évité comme la peste par la société blanche et bien pensante de la ville. Il rencontre même une femme noir, summum de l'immoralité pour l'époque.
Mais est-ce reellement une descente aux enfers comme tout le monde veut le faire croire ou simplement l'opportunité pour un homme denfin vivre une rupture avec son ancien monde qu'il juge trop étriqué ?
Sans jamais tombé dans des banalités, des discours moralisateur ou une vision tronqué d'un peuple ou d'un autre, l'évolution de ce personnage est captivante. Il est attachant, et on se plaît à le voir rompre avec son ancienne vie. Le tout est nuancé et on est prie d'empathie également pour son ex-femme pourtant raciste, étriqué, castratrice. C'est cette nuance tout du long de l'album qui en fait son sel.