Year One narre les débuts de la carrière de Bruce Wayne en tant que Batman. Surentrainé physiquement, affuté mentalement, voilà le milliardaire orphelin prêt à accomplir la promesse énoncée sur la tombe de ses parents : nettoyer Gotham City au Kärcher™. Il ne lui manque qu'un moyen de préserver son anonymat, et voici l'apparition du célèbre costume de chauve-souris.
L'intérêt de cet album réside dans le manque d'expérience de Batman. S'il s'est préparé soigneusement lors de son exil loin de Gotham City, le métier lui manque encore. Ainsi commet-il de nombreuses erreurs, se mettant en danger par sa seule faute, chose inhabituelle pour le Chevalier Noir. Cela renforce le côté humain du personnage, moins infaillible que d'habitude.
La deuxième idée majeure de ce tome est le traitement de l'inspecteur Gordon. Arrivant à Gotham en provenance de Chicago en même temps que Batman, les destins des deux hommes ne cessent de se croiser, pour finalement se rejoindre au sein du triumvirat qu'ils forment avec le jeune procureur Harvey Dent, bien décidés à débarrasser à eux trois la ville des mafias qui la gangrènent. Jim Gordon jouit d'un développement tout particulier ici, occupant en fait la première place et reléguant quasiment Batman à un rôle de faire-valoir. On suit durant la majeure partie de l'histoire son combat au sein même d'une police corrompue, luttant contre ses supérieurs acquis à la cause de Carmine Falcone, le parrain tout puissant de Gotham.
L'angle scénaristique de cet opus est donc particulièrement original entre un Batman faillible et un Jim Gordon au premier plan. Malheureusement je n'ai pas accroché au trait David Mazzucchelli, même si certains semblent adorer. Reste un album qui vaut la peine d'être lu pour tout amateur de comics.