Trois ans après ses premiers exploits dans Gotham, Batman franchit la ligne rouge et se met à tuer. le Chevalier Noir a-t-il perdu la raison ou un imposteur se fait-il passer pour lui ?
Le postulat de cette nouvelle itération est très simple, et rappelle l'introduction de The Dark Knight de Nolan, où des gangs de chauve-souris essaient d'aider Batman à l'aide d'AK-47, ce qui permet plutôt de se concentrer davantage sur la psyché de Wayne : le caractère instable de Bruce est mis en exergue, le rendant infréquentable et menant à son abandon même par Alfred. Un personnage de psychologue prend alors une certaine importance dans la narration du récit, pour évoquer les différents troubles qui tourmentent la Chauve-souris. le cadre devient alors bien plus réaliste : les grands ennemis hauts en couleurs sont absents, laissant place à l'évocation de monstres plus probables comme Zsasz, le tueur en série. Idem pour la batmobile ou Batcave : le justicier se déplace à l'aide de motos dispersées ça et là dans la ville. Gotham devient alors plus sombre, plus violent, ce qui est mis en exergue par l'utilisation de gros plans en noirs et blancs sur les différentes blessures portées ou subies par Batman (qui est toujours aux portes de la mort), ainsi que par la présence très régulière de la couleur rouge.
Couleur du sang certes, mais aussi de l'amour, parce que les auteurs tentent ici de donner un moyen de se raccrocher à la vie à Bruce Wayne, par l'ajout du personnage Blair Wong, jeune enquêtrice chargée de retrouver le Justicier. Si cette relation n'est pas gratuite et bien mise en scène, notamment dans cette double page en noir et blanc où seul persiste le rouge de la robe et du parapluie de Blair, et qu'elle prend place dans le partage d'un traumatisme commun, on regrette qu'elle soit si rapide. Par l'ajout de quelques pages supplémentaires, les dilemmes moraux des personnages n'en auraient été que plus forts...