Je me souviens avoir découvert la série Hush à l’âge de 18 ans, ce fut mon premier comic book relié, acheté avec mon argent de poche et tout, chez Panini, avant la fondation d’Urban Comics.
Jusqu’ici, je ne connaissais Batman que par l’excellente série animée et les films Warner Bros, ainsi que par quelques mensuels DC et Semic des années 90 récupérés ça et là... les deux premiers films de Nolan, surtout The Dark Knight, ont ravivé ma passion pour le Chevalier Noir. C’est ainsi que je me suis rué sur cet album, désireux de me plonger plus amplement dans l’univers de Gotham City, étant déjà familier avec les dessins de Jim Lee qui avait une cote de fou furieux dans les nineteens, ce jusqu’à la fin des années 2000.
Je dois dire que j’avais pioché juste.
Non seulement les dessins d’une finesse incisive m’ont décollés la rétine à plusieurs reprises, mais je me frottais également pour la première fois au talent de Jeph Loeb et à sa remarquable capacité pour tisser des scénarii surprenants, complexes et formellement très cinématographiques, lesquels sont cohérents de bout en bout.
J’ai été littéralement happé par ce thriller d’action qui ne s’essouffle jamais, où une galerie monumentale de Super-Vilains viennent chercher des noises à notre Justicier masqué. Une sorte de whodunit où la ville de Gotham serait le huis-clos, et où l’action ne se résumerait pas seulement à une discussion dans une pièce. En effet, ici, on a plutôt le droit à un théâtre grandiose mêlant romance, roman noir et combats dantesques, plus proche d’un opéra que d’un bouquin d’Agatha Cristie. Ce qui est formidable plus encore, est que chaque apparition de personnage ainsi que ses interractions se justifie dans l’histoire, Loeb ne laissant aucun détail au hasard, épaulé par la minutieuse mise en page et le talent graphique de Jim Lee. D’ailleurs, on pourra de nouveau saluer le majestueux travail de ce dernier et de son encreur Scott Williams pour représenter le mouvement figé dans d’épiques illustrations qui font automatiquement penser aux oeuvres de la peinture classique et aux sculptures inspirées de la mythologie européenne.
Je pourrais palabrer des heures sur cet album qui m’a ému au plus haut point, où j’ai passé de longs moments à baver sur tous les détails, de la Batcave aux sublimes fesses de Catwoman et autres Talia Al’Ghul mais aussi sur les pecs impecs des mecs (oui, je suis poète). Cependant, il y a deux segments de cette série qui m’ont profondéments marqués :
[SPOILER]
Premièrement, le combat entre Superman et Batman (Zack Snyder dans les cordes) et la relation de confiance, d’amitié entre les deux héros aussi complémentaires qu’opposés.
Puis dans un second temps, la confrontation avec le Joker qui m’a fait monter les larmes aux yeux : Batman à deux doigts de craquer et de passer du côté obscur et Gordon qui intervient magistralement pour le rediriger vers la lumière... miam, quel régal !
Un seul conseil : Foncez !!!