C'est une violence magnétique, immonde, innommable, irregardable qui nous est donnée, qui nous est montrée par Larcenet. Viol, meurtre, drogue, mutilation, harcèlement, tout y passe, se colle aux mains qui tiennent la BD et irrigue notre corps et notre conscience à partir de ce point. Le cerveau se plonge dans l'histoire car la seule manière de survivre à cette apocalypse c'est de savoir, de comprendre ce que Mancini a fait. Au fil des pages, des dessins et parfois des couleurs, on comprend qu'un enjeu plus crucial se dessine pour l'homme fou, comment se dépasser soi même ? comment devenir une plume, un atome de la nature, s'oublier et rejoindre le Blast, quoiqu'il en coûte.
C'est déchirant, ça retourne l'estomac, ça nous ballote comme le ressac des vagues, à l'image de ce que j'avais ressenti en lisant Voyage au Bout de la Nuit. Ames sensibles, s'abstenir.