Découvert il y a quelques mois avec cette nouvelle édition, j'ai tout de suite accroché à Bokko, un seinen des années 90 qui nous plonge dans l'Antiquité, au coeur de la Chine ancienne ravagée par des guerres sans fin. Ke-Ri, le personnage principal est un stratège brillant ainsi qu'un guerrier aguerri, luttant non par goût du combat, mais par devoir, pour protéger les opprimés. Ce pacifiste en armure, souvent en décalage avec la violence des conflits qu'il affronte, m'a particulièrement touché par sa capacité à garder espoir malgré les horreurs de la guerre. le style graphique avec son côté vintage aujourd'hui, est pour moi un véritable atout qui renforce l'atmosphère de cette histoire dure et violente où rien ne nous sera épargné.
Toutefois, en refermant ce huitième et dernier tome, je ne peux cacher ma déception. Après un long siège où nos héros semblent perdus, le dernier acte semble précipité, presque bâclé. J'espérais une dernière grande bataille, un moment grandiose à la hauteur des affrontements précédents, mais tout s'enchaîne trop vite. D'autant plus que la première partie du tome perd du temps avec des péripéties mineurs, et au moment où la bataille finale aurait dû éclater, elle est résolue par une simple ellipse narrative. C'est frustrant, car le rythme si maîtrisé jusque-là se perd complètement dans ce dernier tome.
Le sort des personnages, que j'attendais avec impatience, est traité de manière tout aussi expéditive. J'aurais aimé plus de profondeur, d'émotion, mais tout cela est résumé en quelques pages. Cela laisse un goût amer, d'autant plus que la série avait su jusque-là me captiver. Malgré cette fin décevante, je garderais tout de même un bon souvenir de Bokko. En attendant le prochain jeu vidéo Dynasty Warriors en 2025, je vais peut être me remettre à « Kingdom », dont j'avais lu les 15 premiers tomes (sur aujourd'hui 73!) qui nous plonge dans la même ambiance.