Chronique complète
Extrait :
Ayant appréciée les titres que j’ai pu commencer de l’autrice, j’avais également envie de me laisser tenter par ce one shot. Il m’aura fallu un petit moment avant d’enfin me décider à le prendre. Le côté trash dénote déjà un peu de ses autres titres, en dehors peut-être de Sanda qui a quelques moments dans ce style. Le synopsis donne également envie de découvrir sa protagoniste, Mako qui semble en grande galère émotionnelle.
Je m’attendais à un titre assez dramatique, parce que bon, perdre autant de sang n’a rien de bon. Mako évoque d’ailleurs son manque en fer récurrent à cause de ça (mais elle le cherche aussi). Son côté obsédée par l’hygiène va jusque dans son métier où elle travaille dans une sorte de société liée à ce domaine. Ce dernier est apparemment bien payé vu qu’elle ne se plaint pas du tout de son salaire. Quant à la rigueur dont elle doit faire preuve, c’est juste naturel à ses yeux puisqu’elle le fait au quotidien. Elle désinfecte tout ce qui est en contact avec les autres ou bien elle-même, comme les billets de banque (je ne sais pas si c’est réellement possible). Le gag du saignement de nez est très connu, mais plus souvent attribué aux pervers de la gente masculine (même si les filles ne sont pas en reste non plus, ils restent le plus fréquent). Le pire étant sans doute que son traumatisme créé aussi une forme d’obsession, dans le cas présent, pour le sexe. J’ignore d’où lui vient cette idée, mais du peu qui est montré, elle voudrait surtout une vie normale et pense qu’une relation amoureuse en fait partie. En tout cas, c’est ainsi que je vois les choses. Mais de là à partir dans des délires où elle court à poil derrière les hommes qui la fuient… Très honnêtement, ça ne me fait pas avoir pitié d’elle, au contraire, j’ai pitié pour les hommes qu’elle tente d’attirer au pieu. Il est compréhensible qu’ils aient peur en voyant autant de sang et que son explication ne suffise pas à les convaincre dans un tel moment de stress. Après, le titre donne également l’impression que les hommes sautent sur tout ce qui bouge, sans même réfléchir un minimum. Même s’ils sont sans doute quelques-uns ainsi, j’ai tout de même du mal à concevoir qu’ils le soient tous. Mako est décrite comme une belle femme, d’où le fait qu’elle attire facilement la gente masculine. Sa réputation commence toutefois à être faite au sein de son entreprise et comme aucun homme ne souhaite partager son expérience, ça finira par ne plus marcher. J’ai aussi du mal à concevoir que quelqu’un puisse tomber aussi bas, comme Mako, qu’il y ait un problème ou non. Pour moi, elle a donc vraiment plus qu’un simple traumatisme à résoudre, ce qui rend le récit assez malaisant par moment. Son obsession maladive et flippante obstrue totalement son traumatisme.
Après un moment d’égarement où elle devient presque connue publiquement pour ça. Mako fera une rencontre qui changera une partie de sa vision des choses. Elle comprendra alors qu’elle n’avait pas spécialement honte de ses saignements, mais qu’elle s’y fie grandement depuis longtemps. C’est devenu une part d’elle-même et elle finira par s’accepter ainsi. Au final, elle ressentait un profond mal-être envers elle-même. On pouvait le voir, mais encore une fois, le côté comique a pris trop le dessus sur le côté dramatique pour le rendre bien moins impactant. En soi, son problème est également un détecteur de mensonge, mais je ne parviens pas à saisir pourquoi elle est heureuse à la fin. J’aurais tendance à dire que l’amour rend aveugle et que c’est pour cette raison qu’elle n’avait rien vu venir. Mais je n’arrive pas à penser ce qui a de positif là-dedans… Bon, après elle a eu ce qu’elle souhaitait : perdre sa virginité et vivre un semblant de relation amoureuse. Je ne saurais dire avec précision ce qu’il manque réellement à ce titre, peut-être qu’il y a trop de personnages différents pour une intrigue aussi courte. Je ne sais pas si je peux parler d’un problème de rythme, car tout s’enchaîne relativement bien malgré tout. C’est plus un problème de contenu, mais dans un sens, le rythme se lie à celui du mode de via de Mako. Elle court après l’amour, ne connaissant pas ce sentiment, elle a peur que tout s’envole avec le temps. Il faut dire qu’elle a 29 ans, mais je ne sais pas, ça sonne comme si elle pensait avoir une date de péremption. Ou alors, elle court après cet amour pour tenter de reconstruire ce qu’elle avait perdu étant enfant. Voilà, je viens de trouver ce qu’il manque : un aspect psychologique plus poussé.
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