L’univers jeu vidéo rejoint l’app SensCritique. On vous en dit plus ici.

Bouffon
7.1
Bouffon

BD franco-belge de Zidrou et Francis Porcel (2015)

On l’appelle le glaviot. Né au fond d’un cachot, d’une mère embastillée dont le joli minois attirait des soldats abusant d’elle chaque nuit contre une piécette ou un pichet de vin. Un bébé sauvé par la chienne qui devait le dévorer à la naissance. Un bébé au visage difforme élevé parmi les rats qui, une fois devenu grand, deviendra le bouffon d’une princesse et rendra service aux puissants grâce à un don extraordinaire…


Bouffon, c’est La belle et la bête revisité à la sauce Zidrou. Autant vous dire que cette version donne dans le piquant et l’irrévérencieux, caressant à rebrousse poil les canons du conte pour proposer une vision tout sauf manichéenne. D'emblée on nous annonce une histoire "belle et triste", le genre d'argument qui me met l'eau à la bouche. C’est simple, j’ai tout aimé dans cette histoire : l’humour noir d’un narrateur atypique au ton pas vraiment solennel, la cruauté ambiante, le décor sordide des cachots sombres et humides dans la première moitié de l’album, cette lumière qui s’installe peu à peu sans jamais vraiment parvenir à faire basculer le récit dans l’espoir et l’optimisme béat… rien à jeter, vraiment rien à jeter.


Graphiquement, l’atmosphère médiévale tout en clair-obscur et sans la moindre chaleur est restituée magistralement par un Francisco Porcel à l’évidence très à l’aise pour croquer des trognes de geôliers, de bourreaux ou de seigneurs sans pitié.


Au-delà de la référence à La belle et la bête j’ai retrouvé dans cet album les ambiances créées par René Hausman dans des titres tels que « Le camp volant » ou « Le prince des écureuils ». Des ambiances dont je suis fan depuis toujours. Une réécriture moderne d’un classique faisant la part belle à l’ingratitude et à la méchanceté gratuite. Un conte finalement très humain qui gratte et appuie là où ça fait mal. Du Zidrou tout craché.

jerome60
7
Écrit par

Créée

le 9 sept. 2015

Critique lue 459 fois

jerome60

Écrit par

Critique lue 459 fois

3

D'autres avis sur Bouffon

Bouffon

Bouffon

7

jerome60

1285 critiques

Critique de Bouffon par jerome60

On l’appelle le glaviot. Né au fond d’un cachot, d’une mère embastillée dont le joli minois attirait des soldats abusant d’elle chaque nuit contre une piécette ou un pichet de vin. Un bébé sauvé par...

le 9 sept. 2015

Bouffon

Bouffon

7

Wonka

251 critiques

Critique de Bouffon par Wonka

« Bouffon » de Porcel et Zidrou, est un conte médiéval et fantastique sur un garçon difforme qui nait et grandit dans la prison sordide d’un château. Il n’a jamais vu la lumière du jour rêve d’être...

le 19 mars 2016

Bouffon

Bouffon

10

NATHAVH

134 critiques

Bouffon

Direction : Moyen-Âge, chez le Comte Astrat. Dans son château : deux naissances, celle de Livia, la fille du Comte et dans le sous-sol, près des geôles, Anne très jeune adolescente qui donne vie à un...

le 10 avr. 2020

Du même critique

Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie

8

jerome60

1285 critiques

http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/12/dans-les-forets-de-siberie-calendrier.html

Sylvain Tesson s'est fait un serment : avant ses 40 ans, il vivra plusieurs mois dans une cabane. Direction donc le fin fond de la Russie, sur les bords du lac Baïkal. De février à juillet 2010,...

le 17 déc. 2011

Le Guide du mauvais père, tome 1

Le Guide du mauvais père, tome 1

7

jerome60

1285 critiques

Critique de Le Guide du mauvais père, tome 1 par jerome60

- Papa ! C'est quoi la pénétration ? - La pénétration c'est quand le monsieur est sexuellement excité et que son pénis devient tout dur. Ça s'appelle une érection. Ensuite le monsieur fait entrer son...

le 5 janv. 2013

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

8

jerome60

1285 critiques

http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/04/notre-besoin-de-consolation-est.html

« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux ». Ainsi commence cet...

le 13 avr. 2012