Café Panique est adapté de la nouvelle de Roland Topor du même nom. Comme je me demandais si le texte avait été réécrit ou totalement repris du livre, j'ai jeté un coup d’œil à l'original. À première vue, on dirait que celui-ci a été repris selon les formulations de l'auteur, mais avec des coupes (ça demande quand même à être vérifié).
Si je me posais la question, c'est parce que j'ai l'impression que le texte et l'image cohabitent assez mal dans cette bande-dessinée. L'écrit, assez imagé, avec un certain rythme, a tendance à prendre le pas sur le reste. On finit donc par rejeter les dessins au second plan, le truc qu'il faut voir aussi parce que ça fait partie de l'histoire, mais auquel on ne porte pas tant d'intérêt.
Et c'est dommage parce que les images sont vraiment chouettes. Dans les bouilles des personnages, mais surtout dans les couleurs, les cases trop petites envahies, Alfred arrive vraiment bien à retranscrire l'ambiance café - bistro.
Il y a une belle diversité dans les recherches du dessinateur, avec un travail de la couleur, mais aussi des passages en noir et blanc, différents outils, des collages, quelques illustrations pleine page... le tout plus ou moins concluant, mais ça colle bien à la collection de petites anecdotes racontées ici.
Seulement le conflit entre texte et dessins n'aide pas non plus à nous sortir du fouillis (volontaire) aussi présent dans le texte que dans l'image. Le tout est décousu, la fin a l'air de sortir un peu de nul part et tombe à plat... Il aurait sans doute fallu laisser une plus grande place aux images, quitte à couper dans le texte et en faire un volume plus important, histoire de rééquilibrer un peu tout ça.