Troisième tome d'Universal War One, Caïn et Abel fait presque office de one-shot se lisant totalement à part.
En effet, de nouveau dans le Mur, nos héros se rendent compte qu'ils ont été propulsés quelques jours avant leur départ. Pour la première fois, le voyage dans le temps se trouve possible. Vient alors l'heure des questions : risque-t-on un paradoxe temporel qui détruirait tout ? Peut-on modifier le passé ? Et alors si on peut que doit-on faire ?
Kalish, le génie de la bande va devoir réfléchir sur la marche à suivre, tandis que Mario, le cœur du groupe voit l'opportunité de sauver Balti, son ami Balti. Celui-ci va cependant être confronté à sa propre nature : être ou ne pas être un héro ?
Universal War One continue en s'éloignant totalement de son titre. Aucune guerre, aucun conflit, mais un récit unique, à part, sur le voyage dans le temps. Classique dans son idée, la construction est pour autant bonne, bien faite, avec des personnages touchants au possibles et des compréhensions réelles des potentielles menaces.
On appréciera vraiment le dénouement, là encore pas si surprenant mais qui est parfaitement mis en scène.
Bajram nous propose donc quelque chose de très agréable dans la fabrication même mais pas dans la nouveauté et donne le sentiment de s'éloigner totalement du cadre global d'Universal War One.
Je trouve d'ailleurs ironique le synopsis du tome, qui interroge sur la possibilité ou non d'éviter la guerre universelle alors que cette thématique n'est présente dans absolument aucune case de ce troisième tome.
Autre défaut de ce tome : le visuel. En effet, loin d'être laid, Caïn et Abel propose un huis-clos et donc se confronte sur l'intimiste, or Bajram est surtout bon dans les grandes fresques cosmiques. Il est bien plus incroyable dans sa maîtrise visuelle de la science-fiction que de l'intimiste. Ce n'est pas moche, loin de là, mais c'est juste classique.
Un tome classique, plaisant dans son côté à part, mais donnant le sentiment de perdre l'âme visuelle du récit ainsi que le côté géo-politique. À voir son retrouvera rapidement la spécificité de la première guerre universelle