Chasseurs de sève
6.1
Chasseurs de sève

BD franco-belge de Alexandre Ristorcelli (2023)

Sur une planète fort boisée, Pierig maitrise l'art de la sève de l'Arbre-monde, immense arbre qui semble régir toute vie dans un monde hostile et sauvage. Mais c'est pas la joie pour Pierig : d'abord, parce que d'étranges phénomènes semblent empoisonner sa planète. Puis, car un clan inconnu décime le sien, alors qu'il voit son meilleur ami et sa fiancée mourir sous ses yeux. Enfin, parce qu'il se retrouve porteur d'une mission, de part son statut de "sourceur" : sauver le monde.


Vous aimez les cases remplies de textes ? Hé bien Chasseurs de sève est fait pour vous. Il s'agit en effet d'un récit extrêmement verbeux, ce qui n'est pas étonnant puisqu'il s'agit de l'adaptation en BD d'un roman de SF de Laurent Genefort. Beaucoup d'informations sont données au lecteur dès le début, et j'ai trouvé difficile de s'immerger dans l'univers et de comprendre toutes les lois régissant ce monde où la "sève" est reine, où des clans s'affrontent, et où les rites et coutumes sont différentes d'un peuple à l'autre. Néanmoins, j'apprécie l'originalité de l'univers qui nous est dépeint, une œuvre flirtant avec la "climate fiction", fait de feuilles et d'insectes géants, mais dont il n'est ressorti aucune morale... et plutôt un émerveillement face aux créatures et aux légendes que j'ai découvertes.

Je suis également resté fort impressionné par le coup de crayon d'Alexandre Ristorcelli, et le travail des coloristes, qui mettent magnifiquement bien en avant les paysages forestiers qui animent cette BD.


Déjà refroidi par la complexité de ce qui nous est conté, je n'ai pas trouvé davantage de plaisir au fil de ma découverte des péripéties de Pierig et de son groupe. Déjà parce qu'en plus d'avoir du mal à comprendre les choix du protagoniste (aider ceux qui ont massacré son peuple?), je l'ai trouvé bien trop caricatural en bon héros classique, intelligent et sans reproches de récit de fantasy/SF. Reva, l'autre protagoniste principal, est elle aussi un stéréotype sur pattes, la femme guerrière qui est forcément sexy et qui n'a peur de rien, "ennemy to lover" très attendue. Bref, tout est plutôt prévisible, les évènements se déroulent sans trop qu'on comprenne ce qu'il se passe, les relations qui se tissent entre les personnages n'ont réveillé aucune émotion en moi, et la fin se finit véritablement en queue de poisson, les enjeux principaux étant expédiés en 10 pages.


Je pense que le récit aurait gagné à être scindé au minimum en deux tomes, pour donner plus de temps de développer l'univers, les créatures et les personnages que Laurent Genefort a imaginés.

Florent-L
6
Écrit par

Créée

le 31 mai 2026

Critique lue 3 fois

Florent-L

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