Douce déception que voilà. Oh là là. Après le décapant et corrosif premier tome de "Chez Francisque" je m'attendais à un deuxième ouvrage du même niveau. Que nenni. Et cela pour bon nombre de raisons que je vais tenter d'exposer ici : la qualité du dessin, même s'il est très relevée (on parle tout de même là d'une BD de Manu Larcenet) n'est pas aussi bonne que sur le premier tome. Peut-être le trait est-il plus approximatif, plus forcé, et plus poussif. Les mots me manquent pour exprimer la profonde déception qui est la mienne après la lecture de cette oeuvre. Idem pour les gags : quelque uns m'ont bien arraché un ou deux rictus il me faut bien l'avouer, mais bon il n'y avait pas là de quoi casser trois pattes à un canard. Tout juste une aile. Ou un bec ...de lièvre.
A ce qu'il paraît, Manu Larss' voulait se rapprocher de l'influence majeure qui est aussi bien la sienne que celle de Coyote, ...le grand Franquin. Effectivement, il y a un truc, un je-ne-sais-trop-quoi qui peut faire penser à Gaston, en particulier si l'on observe les nez de poivrots... très travaillés ces poirots noirs et rougeâtres puant la vinasse. Peut-être cet opus m'a t-il échappé, mais je ne vois pas trop en quoi. Le second degré qui constituait l'un des délices du premier album n'est plus aussi présent dans les vannes des piliers de comptoirs, au point de se s'interroger sur le fond de pensée de l'auteur. Il faut se juste se rappeler à quel point est politisé Larcenet et où il se situe politiquement pour pousser un grand "ouf" de soulagement qui dans la foulée renvoie à l'idée que si son propos est à ce point moins clair et lisible, c'est que l'inspiration à manqué sur ce coup-là.